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Section 6 : Conclusion et réflexions

  • Diffusion : 27 janvier 2014
  • Dernière mise à jour : janvier 2014

Dans la dernière section du rapport, je reviens non seulement sur le mandat originel du Comité et sur la manière selon laquelle le présent rapport s'en est acquitté, mais aussi sur les messages clés reçus parmi les nombreuses observations formulées par les principaux intervenants et le grand public.

Lorsque le présent Comité a été nommé, il n'existait aucun mécanisme pour l'examen ordonné et régulier des révisions du salaire minimum. Au cours des dix-neuf années depuis 1995, année où le salaire minimum a été porté à 6,85 $ l'heure, le salaire minimum de l'Ontario est resté bloqué pendant douze de ces années et il a augmenté au cours de sept années. Les recommandations du Comité, si elles sont acceptées et mises en œuvre par le gouvernement de l'Ontario, permettraient de changer cette tendance au profit d'un système ordonné, transparent, prévisible et équitable pour l'ensemble de la population de la province.

L'établissement du salaire minimum à un niveau précis s'accompagne de l'élaboration de politiques économiques et d'un choix stratégique. Il s'agit là du rôle d'un gouvernement élu, un rôle que ce dernier doit jouer à long terme. Les recommandations du présent Comité, si elles sont mises en œuvre, élimineraient l'incertitude à court terme relative aux révisions du salaire minimum en rendant le processus plus transparent et régulier. Toutefois, l'examen quinquennal proposé permettrait au gouvernement de procéder à des réorientations à long terme. Par exemple, des investissements importants dans les compétences et les innovations à long terme justifieraient la poursuite d'une stratégie de salaire minimum élevé dans une économie ontarienne hautement productive et concurrentielle.

Toutefois, ces recommandations ne visent pas à avoir le dernier mot sur le salaire minimum en Ontario. Deux considérations importantes exigent que le dialogue entre le gouvernement et ses citoyens au sujet du salaire minimum continue dans les prochaines années, afin d'entretenir le processus de réforme dans un esprit de « constante amélioration ». La première considération est la rétroaction reçue du public, qui dépassait souvent le mandat limité du Comité. Une deuxième considération est d'établir pour le salaire minimum une stratégie à long terme qui serait pleinement intégrée dans la stratégie sociale et économique globale du gouvernement pour l'Ontario.

Un dialogue continu sur le salaire minimum est nécessaire pour traiter de l'ensemble complet des questions portées à l'attention du Comité. Celles-ci sont résumées à la section 4 et à l'annexe 6. Le processus plus large de défense des intérêts dans le processus démocratique continuerait, peu importe l'action du gouvernement relativement aux recommandations du Comité. Un tel dialogue pourrait mobiliser les citoyens à participer avec leur gouvernement à l'élaboration des orientations futures des politiques en matière de salaire minimum. Pour cette raison, il importe de créer un programme de recherche axé sur l'analyse de données et sur la collecte de renseignements qui pourraient guider ce dialogue.

Mis à part les considérations liées à la pauvreté, on peut faire valoir que l'Ontario a besoin d'une stratégie de salaire élevé pour maintenir et favoriser sa prospérité. Il s'agit ici d'un objectif plus large et à plus long terme, qui pourrait néanmoins entrer en ligne de compte dans l'établissement des salaires minimums à l'avenir. Une telle stratégie comprendrait l'amélioration des compétences de la population active de l'Ontario, afin qu'elle puisse ajouter une plus forte valeur aux produits et aux services dans la province. Cela signifierait l'élimination progressive des emplois simples et peu qualifiés de notre économie. Dans le cadre d'un tel scénario, certains types d'emplois peu spécialisés seraient perdus, mais les emplois restants permettraient à quiconque travaille à temps plein toute l'année d'atteindre un niveau de vie décent. Il vaut la peine d'œuvrer vers cet objectif pour toutes sortes de raisons, mais en particulier parce qu'il peut être à notre portée.

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