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DOCUMENT D'INFORMATION

L’eau dans les mines souterraines ciblée par des inspections éclair

  • Diffusion : 29 janvier 2015
  • Dernière mise à jour : janvier 2015
  • Voir aussi : Bulletin |  Mines

Les inspecteurs et les ingénieurs miniers s’attarderont à l’accumulation d’eau dans les mines souterraines et aux risques qui y sont liés durant une campagne d’inspections éclair de deux mois qu’ils mèneront cet hiver.

Cette exécution renforcée s’inscrit dans l’initiative de conformité Sécurité au travail Ontario, lancée par la province en juin 2008.

L’accumulation d’eau peut mener à :

  • des coulées inattendues de matériaux (boue ou minerai) pouvant engloutir et blesser gravement, voire tuer, des travailleurs;
  • des mares pouvant entraîner des noyades;
  • des nids-de-poule ou du matériel caché sous l’eau causant la chute de travailleurs (à pied ou dans un véhicule), ce qui peut entraîner chez ces derniers des troubles musculo-squelettiques.

La sécurité minière est une priorité du gouvernement de l’Ontario; c’est pourquoi il réalise actuellement une étude détaillée de la santé et de la sécurité dans les mines. Dans un exercice de classement des risques liés à l’exploitation minière souterraine, employés et employeurs ont désigné la gestion de l’eau comme prioritaire; d’ailleurs, les participants aux consultations publiques réalisées dans le cadre de l’étude ont également déterminé qu’il s’agit d’un enjeu important.

En outre, au cours des cinq dernières années, 17 campagnes d’inspections éclair ont été menées dans le secteur minier. Elles ont porté sur l’équipement de sécurité, les systèmes de ventilation, les explosifs, les dangers liés au contrôle des pressions de terrains, les dangers des systèmes de chargement à poches doseuses, le verrouillage et l’étiquetage de l’équipement dans les installations d’extraction, les troubles musculo-squelettiques ainsi que sur d’autres dangers.

En février et en mars 2015, les inspecteurs et les ingénieurs miniers du ministère du Travail visiteront des mines souterraines pour y relever tout danger lié à la gestion de l’eau.

Ils s’assureront que les employeurs et les entrepreneurs respectent les dispositions de la Loi sur la santé et la sécurité au travail (LSST) de l’Ontario et de ses règlements. Ils vérifieront notamment que les exploitants des mines disposent de procédures adéquates pour protéger les travailleurs contre tout danger éventuel.

Renseignements généraux

La gestion de l’eau dans l’exploitation minière souterraine suppose la maîtrise, la surveillance et le captage de l’eau.

L’eau remplit de nombreuses fonctions dans les mines souterraines. On s’en sert notamment pour :

  • le forage;
  • le concassage;
  • l’abattage de la poussière de sautage, de déblaiement et de transfert de matériaux;
  • le mélange avec le ciment servant à boucher les trous causés par les activités minières (forage et sautage).

Si elle n’est pas bien gérée, l’eau peut s’infiltrer dans les cheminées à minerai, les galeries montantes et les silos souterrains parfois utilisés conjointement avec les concasseurs, les bandes de triage et les poches doseuses, ce qui peut faire en sorte que les matériaux se trouvant à ces endroits deviennent saturés ou lubrifiés au point qu’une débâcle imprévue des matériaux se produise au lieu du travail.

Entre 2000 et 2014, trois travailleurs sont morts dans des mines ontariennes après avoir été engloutis par des coulées de matériaux causées par l’accumulation d’eau.

Parmi les risques liés à la gestion de l’eau dans les mines, mentionnons :

  • l’absence de mesures et de procédures pour gérer l’utilisation de l’eau à proximité des cheminées à minerai, des silos et des galeries montantes;
  • le manque d’entretien des « puisards » – des cavités, par exemple des cavernes, où l’excédent d’eau est entreposé – servant à retirer l’eau des zones de travail;
  • le manque d’entretien des orifices d’évacuation qui retirent l’eau du lieu de travail;
  • les connaissances lacunaires en matière de sécurité des opérateurs d’équipement, lesquels pourraient introduire de l’eau dans leur lieu de travail en jetant des matériaux mouillés dans les cheminées, les silos et les galeries montantes;
  • le manque d’entretien des galeries de mine, ce qui contribue à l’accumulation d’eau.

L’Ontario compte environ 40 mines souterraines et des centaines de mines à ciel ouvert et de carrières qui emploient quelque 25 000 travailleurs. La plupart de ces mines utilisent des explosifs. Une vaste gamme de minerais sont extraits des mines souterraines de l’Ontario, dont le cuivre, le nickel, l’or et d’autres métaux précieux, ainsi que le diamant, le sel et le gypse.

Cibles des inspections éclair

Les inspecteurs et les ingénieurs miniers cibleront les mines souterraines.

Ils accorderont une attention particulière aux mines :

  • nouvelles ou récemment rouvertes;
  • où des dangers liés à la gestion de l’eau ont déjà été constatés;
  • dont le bilan d’observation des règlements n’est pas très bon.

Les inspecteurs prendront les mesures coercitives qu’ils jugeront nécessaires s’ils constatent des infractions à la LSST ou à ses règlements.

Priorités

Les inspections éclairs porteront principalement sur les grandes priorités qui suivent.

Accumulation d’eau : Les inspecteurs et les ingénieurs s’assureront que l’accumulation ou le débit d’eau susceptible de menacer la sécurité des travailleurs est retiré du lieu de travail. Ils vérifieront également si le système de pompage est capable de refouler l’excédent d’eau à la surface.

Mouvement de matériaux en vrac : Les inspecteurs et les ingénieurs s’assureront que le mouvement des matériaux dans un chantier, une cheminée, une goulotte ou une aire de stockage ne met pas en danger la sécurité des travailleurs, et que des procédures écrites sont en place pour indiquer les zones à risques et en avertir le personnel. Ils vérifieront également si des barrières ont été érigées pour empêcher tout accès par inadvertance aux zones à risques, et si les entrées et les sorties du lieu de travail, où les travailleurs pourraient ouvrir une goulotte, ne risquent pas d’être bloquées par une coulée de matériaux non maîtrisée.

Registres des conditions dangereuses : Les inspecteurs et les ingénieurs vérifieront si les conditions jugées dangereuses sont consignées et signées par les superviseurs jusqu’à ce que les correctifs nécessaires soient apportés.

Devoirs des employeurs : Les inspecteurs vérifieront si les employeurs ont établi des politiques et des programmes pour protéger leur personnel contre les risques liés à la gestion de l’eau ainsi qu’une marche à suivre pour porter rapidement secours aux travailleurs qui ont fait une chute ou dont le dispositif antichute a été déployé.

Pratiques de travail sécuritaires : Les inspecteurs vérifieront si les employeurs ont des pratiques de travail sécuritaires, y compris l’évaluation des risques liés à la gestion de l’eau et la réaction immédiate aux dangers constatés. Ils contrôleront également que les employeurs ont établi des politiques et des procédures assurant la tenue d’enquêtes sur tous les incidents relatifs à la gestion de l’eau. Enfin, ils vérifieront si les employeurs ont adopté des politiques pour décrire le rôle des parties fréquentant le lieu de travail afin de garantir l’application de bonnes mesures d’« entretien » permettant de le conserver exempt de risques.

Équipement de protection individuelle et dispositifs de sécurité : Les inspecteurs s’assureront que les dispositifs de sécurité sont choisis conformément à l’usage qui en est fait et qu’ils sont utilisés et entretenus correctement. Ils vérifieront aussi si ce matériel est mis à la disposition du personnel, s’il est convenable et s’il est en bon état.

Formation des travailleurs : Les inspecteurs vérifieront si les travailleurs sont suffisamment formés et supervisés pour prévenir les blessures et les décès découlant des risques liés à la gestion de l’eau. Ils s’assureront également que les travailleurs connaissent leur droit de refuser d’effectuer une tâche dangereuse.

Craig MacBride, Bureau du ministre, 416 326-7709
Jackie Rancourt, Direction des communications, 416 326-1407

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