Table des matières | Imprimer cette page

Chapitre III : Idées pour les lieux de travail, les secteurs et le gouvernement

  • Diffusion : octobre 2014
  • Dernière mise à jour : octobre 2014

Discussion sur la prévention : Réunion du 27 mars

Le groupe a examiné le sujet de la prévention sous deux angles. La prévention primaire vise d'abord et avant tout à prévenir ou à réduire la fréquence des incidents traumatisants. La prévention nécessite aussi de préparer les gens à gérer les événements traumatisants si et quand ils surviennent. Durant cette réunion, le Dr Ash Bender a fait une présentation sur la « prévention des troubles psychologiques ». Un résumé des diverses idées proposées en matière de prévention à la suite des discussions est présenté ci-dessous.

Accroître la sensibilisation au sujet des risques

Les discussions et les idées soumises par divers membres de la table ronde à cet effet ont abordé des démarches d'ensemble possibles visant à favoriser la sensibilisation au sujet des risques auxquels de nombreux travailleurs font face en ce qui concerne le stress mental traumatique.

  • Le MTR pourrait concevoir une campagne médiatique au sujet des risques du stress mental traumatique.
  • Il faudrait accroître la sensibilisation / l'éducation des jeunes au sujet des compétences liées à la résilience.
  • Les employeurs devraient être obligés de prévoir une intervention et une formation en cas d'incident critique, notamment une formation sur les compétences liées à la résilience, y compris une formation en sécurité psychologique.

Former les travailleurs à toutes les étapes de leur carrière

Un large éventail d'idées ont été proposées par divers membres sur la façon d'informer les lieux de travail et de sensibiliser les travailleurs au fil des différentes étapes de leur carrière à propos des causes, des symptômes et des mesures préventives et correctives liés au stress mental traumatique.

Sensibiliser les travailleurs au sujet des risques avant le début de leur carrière

  • Promouvoir les emplois de façon réaliste dans les écoles et, en général, s'assurer que les recrues et les jeunes sont conscients des risques auxquels ils peuvent faire face dans l'exercice de certaines professions.
  • Créer une vidéo intitulée « Une journée dans la vie d'un/une... » dressant un portrait réaliste de la profession.
  • Sélectionner les candidats selon des facteurs ou des qualités liés à la résilience avant qu'ils ne commencent à travailler.

Sensibiliser les travailleurs durant leur carrière

  • Lorsqu'on fournit des renseignements ou qu'on transmet des messages aux employés au sujet du stress mental traumatique et de la santé mentale, il faut prendre soin d'adopter le ton approprié, c'est-à-dire être positif et réaliste. Toutes les approches possibles devraient être prises en compte à des fins éducationnelles, notamment l'apprentissage électronique et les conférences. Les possibilités incluent le recours à des comités ou des organismes qui pourraient aider à sensibiliser les travailleurs, comme les comités mixtes sur la santé et la sécurité ou le Bureau de prévention du MTR.
  • La CSPAAT et le Bureau de prévention du MTR pourraient envisager de produire des dépliants pour sensibiliser le public au sujet du stress mental traumatique et contribuer à éliminer le stigmate associé aux troubles psychologiques et à la santé mentale.
  • Une « communauté de pratique » pourrait être mandatée pour se pencher sur la manière de sensibiliser le personnel à propos des causes, des symptômes et des mesures préventives et correctives liés au stress mental traumatique.
  • Les démarches axées sur les pairs ont été abordées, y compris l'utilisation de méthodes telles que l'entraide entre pairs et les témoignages de personnes qui ont une « expérience vécue », avec pour objectif de sensibiliser les travailleurs au sujet du stress mental traumatique. Les témoignages ont été mentionnés comme étant une autre stratégie axée sur les pairs qui peut favoriser la déstigmatisation et aussi créer une occasion de souligner les expériences positives que les gens ont vécues lorsqu'ils ont eu besoin de soutien.
  • Le rôle des membres de la famille a aussi été soulevé dans le cadre des discussions sur la sensibilisation. L'une des opinions entendues était que les familles des employés devraient obtenir plus de soutien, par exemple, dans le cadre d'un programme d'aide aux familles des employés, puisque les programmes d'aide aux employés ne s'appliquent pas toujours à leurs familles. L'organisation d'une journée bien-être axée sur la famille est une autre idée qui a été soulevée, fournissant aux familles une occasion de discuter entre elles.

Sensibiliser les travailleurs après leur carrière

  • Garder contact avec les travailleurs à la retraite permettrait aux organismes de mettre à contribution leurs expériences afin d'aider les travailleurs et continuer à sensibiliser les retraités au sujet du stress mental traumatique grâce à des outils de soutien tels que des séances de sensibilisation continues et des documents informatifs. Certaines des idées suggérées pour faire participer les retraités incluaient une participation par l'entremise de l'association, un forum de discussion dirigé par les membres et des conférences au sein de la communauté.
  • Une autre idée présentée était de mettre les retraités en contact avec de nouvelles recrues pour leur fournir du soutien par les pairs et leur permettre de faire part de leurs expériences.

Prévention primaire

Divers membres de la table ronde ont proposé un éventail d'idées sur ce qui pourrait aider les lieux de travail à assurer une meilleure prévention primaire.

Mesures de contrôle

  • Dans certains secteurs, il se peut qu'il soit possible d'empêcher les incidents de se produire, en mettant en oeuvre certaines mesures de contrôle (par exemple, mesures d'ingénierie).

Accroître la sensibilisation

  • Aider les lieux de travail à assurer une meilleure prévention primaire requiert la sensibilisation du public aux raisons pour lesquelles le stress mental traumatique constitue une question importante.

Échange de connaissances intersectorielles

  • Il pourrait s'avérer avantageux de décloisonner l'information en échangeant l'information entre les secteurs dans le cadre, par exemple, de réunions intersectorielles tenues tous les six mois.

Recherche

  • De la recherche supplémentaire en matière de prévention pourrait soutenir les secteurs où des expériences traumatisantes sont plus susceptibles de se produire.

Financement

  • Le financement, incluant un financement potentiel de source provinciale ou municipale, pourrait aider les lieux de travail à assurer une meilleure prévention primaire.

Formation et perfectionnement destinés aux dirigeants

  • Un programme de formation et de perfectionnement devrait être créé, et les dirigeants et (ou) les organismes devraient s'y conformer.

Soutien par les pairs

  • Les membres de la table ronde ont discuté de diverses démarches de soutien par les pairs, notamment le Programme de gestion du stress lié aux incidents critiques, un programme dirigé par les pairs visant à aider les personnes en leur permettant de parler de l'incident.

Accès aux ressources et au soutien

  • Les participants ont suggéré la création d'une ligne d'information dont le numéro est facile à retenir, un peu comme celui de l'organisme Action Cancer Ontario comme un moyen potentiel d'améliorer l'accès aux ressources et à l'information.

Échange de connaissances

Divers membres de la table ronde ont proposé de nombreuses idées sur la façon d'encourager un échange de connaissances accru entre les organismes, notamment les lieux de travail, le gouvernement et d'autres organisations. Les idées relatives à l'échange de connaissances dans ce domaine pourraient aussi s'appliquer aux deux autres étapes du processus : l'intervention, ainsi que le suivi et le soutien.

  • Organiser un sommet annuel des intervenants sur le stress mental traumatique.
  • Encourager l'échange et le partage de connaissances par l'entremise d'organismes comme les syndicats, les associations professionnelles, les groupes d'employeurs, les comités formés en vertu de l'article 21, et les associations de santé et de sécurité.
  • Utiliser des outils d'accès aux médias électroniques pour l'échange de connaissances, notamment les webinaires.
  • Publier des vidéoclips sur le site Web du MTR.
  • Tirer profit de la journée de sensibilisation à la santé mentale ayant lieu annuellement le 12 février.
  • Examiner le rôle que le gouvernement, par exemple le MTR et son Bureau de prévention, pourrait jouer à l'égard de l'échange de connaissances, y compris un rôle de leadership en matière de sensibilisation. La discussion relative au rôle du gouvernement à l'égard de l'échange de connaissances s'est élargie jusqu'à la possibilité d'élaborer des lois ou des normes.

Discussion relative à l'intervention : Réunion du 1er mai 2013

L'un des principaux problèmes soulignés durant les discussions relatives à l'intervention était que, en ce moment, de nombreux obstacles pourraient survenir et empêcher une intervention précoce, rapide et efficace en cas d'incidents causant un stress mental traumatique. Ces obstacles surviennent d'abord au niveau individuel, lorsque les travailleurs mis en cause ne demandent pas d'aide pour diverses raisons, notamment la peur d'être jugé et la crainte de la stigmatisation. Les membres de la table ronde ont relevé un autre obstacle qui portait sur le problème de la confidentialité; ils ont soulevé que les directeurs doivent être conscients des préoccupations relatives à la confidentialité. Durant la discussion, ils ont suggéré que les obstacles au niveau du système peuvent inclure l'absence d'une intervention coordonnée ou automatique à la suite d'un événement traumatisant. Durant les discussions, ils ont soulevé de nombreuses questions à propos de qui devrait participer aux efforts d'intervention et à quoi une telle intervention pourrait ressembler.

Les participants ont également discuté d'une question étroitement liée sur la manière d'offrir du soutien aux lieux de travail au moyen de la détection et du traitement précoces, et du type de ressources qui devraient être déployées ou mises en oeuvre à cet effet. De plus, ils ont parlé d'un éventail de ressources ou d'outils, allant des ressources informatives à une extrémité du spectre aux exigences obligatoires à l'autre extrémité. Les membres de la table ronde ont également discuté de la manière dont il faut favoriser la sensibilisation en ce qui concerne l'évolution des troubles psychologiques afin d'atténuer leur évolution.

Durant cette réunion, le Dr Ash Bender a fait une présentation sur les « interventions en cas de troubles psychologiques ».

Un résumé des diverses idées proposées en matière d'intervention à la suite des discussions est présenté ci-dessous.

Système d'intervention

Les membres ont présenté de nombreuses idées qui étaient axées sur le rôle que les divers intervenants jouent dans le cadre des efforts d'intervention à la suite d'un ou plusieurs événements traumatisants vécus par les employés.

Démarches coordonnées

  • Les participants ont fait part de préoccupations à l'égard de l'absence d'une intervention unifiée, coordonnée et automatique à la suite d'un événement traumatisant en milieu de travail, ainsi que du besoin de contrer le cloisonnement au sein du système d'intervention (p. ex., psychiatres, psychologues, médecins de famille).
  • Ils ont soulevé plusieurs questions sur la forme que pourrait prendre une intervention coordonnée et immédiate. Par exemple, l'intervention coordonnée devrait-elle se faire par l'entremise d'une équipe ou d'un processus d'intervention? Pourrait-il y avoir différents intervenants selon le type d'événement? Est-il approprié d'envisager une équipe d'intervention primaire qui connaît bien le système dans son ensemble, ou qui sert de base de connaissances centralisée?
  • La question de l'absence de coordination du traitement à la suite d'un événement pourrait être abordée, par exemple, en examinant les processus de la CSPAAT (processus de demande d'indemnisation et une fois l'indemnisation accordée).

Intervention du système de santé

  • Bon nombre de participants ont formulé des suggestions à propos de la manière dont devrait intervenir le système de santé. En ce qui concerne une intervention immédiate, une des idées émises était de mettre sur pied un Centre de crise / équipe d'intervention rattaché au ministère de la Santé et des Soins de longue durée (MSSLD), semblable à l'Unité de la gestion des situations d'urgence du MSSLD qui assure l'état de préparation en vue d'une intervention en cas de situation d'urgence ayant des conséquences sur le plan de la santé, comme les pannes de courant. Aussi, devrait-il y avoir une liste de médecins prêts à intervenir? Durant les discussions, les membres de la table ronde ont exprimé des préoccupations par rapport au manque de disponibilité des traitements et aux périodes d'attente prolongées pour un traitement, ainsi qu'au manque d'expertise. Ils ont souligné que, dans le cadre des interventions en cas d'événement traumatisant, une intervention et une détection précoces par les fournisseurs de soins de santé constituent des éléments clés.

Intervention des professionnels de la santé mentale

  • Les membres ont également abordé l'idée de faire participer les professionnels de la santé mentale à un effort d'intervention tel qu'une équipe d'intervention en cas d'urgence qui serait prête à offrir du soutien à la suite d'un événement. Ils ont décrit l'équipe d'intervention en cas d'urgence comme une équipe qui interviendrait auprès des travailleurs et des employeurs qui ont vécu un événement traumatisant survenu sur leur lieu de travail. Ces services seraient fournis par un professionnel de la santé mentale qualifié oeuvrant dans la collectivité de l'employeur ou du travailleur. Les membres ont exprimé des inquiétudes par rapport au fait que le nombre de ces équipes d'intervention en cas d'urgence est insuffisant.

Intervention interministérielle

  • Les participants ont émis des commentaires au sujet du défi que pose une intervention interministérielle lorsqu'il survient des événements traumatisants. Plus spécifiquement, ils ont reconnu qu'il pourrait être nécessaire d'évaluer les obstacles qui existent lorsque divers ministères sont mis en cause, étant donné les lois qui pourraient exister relativement à la transmission de renseignements personnels entre les ministères.

Ressources et renseignements sur le soutien

  • Les discussions ont porté sur la nécessité de tenir compte de la manière d'aider les parties des lieux de travail à parcourir les ressources disponibles à la suite d'un événement traumatisant. Par exemple, pourrait-il y avoir un numéro de téléphone à composer lorsqu'il se produit un incident où il serait possible d'obtenir des renseignements ou de l'aide à propos de l'accès aux services?
  • Le MTR (et la CSPAAT, lorsque l'incidence relève de son mandat) pourrait jouer un rôle en vue d'aider les personnes affectées à trouver des ressources. Les participants ont également suggéré que le MTR puisse créer ses propres ressources.
  • L'employeur et les spécialistes de la santé et de la sécurité au travail pourraient, au cours des premières étapes suivant un événement, jouer un rôle pour aider les personnes affectées à parcourir les outils de soutien et les ressources disponibles.

Intervention du lieu de travail à la suite d'un événement traumatisant

  • Les membres de la table ronde ont souligné l'importance de la détection et l'intervention précoces, ainsi que du rôle des employeurs.
  • Les employeurs doivent savoir reconnaître les symptômes d'un traumatisme lié à des troubles de stress mental afin d'être mieux en mesure de soutenir la détection précoce grâce à, par exemple, l'utilisation d'un outil de dépistage.
  • Les lieux de travail devraient disposer des ressources nécessaires pour intervenir à la suite d'un événement, notamment par l'entremise de la formation des représentants du syndicat.
  • Les lieux de travail pourraient mettre en oeuvre des programmes de soutien par les pairs où les pairs sont formés sur la façon d'intervenir à la suite d'un événement traumatisant. Ils ont mentionné qu'il n'existe présentement aucune équipe de soutien par les pairs.
  • Après un incident, les personnes affectées peuvent faire face à des obstacles personnels tels que le déni et la stigmatisation, ce qui pourrait être amélioré, par exemple, grâce à un soutien par les pairs, une communication et des campagnes d'information mis de l'avant par l'employeur.
  • Peu importe la taille du lieu de travail, il faut former les collègues de travail et les superviseurs, et encourager la communication à l'égard de la façon de faire face aux problèmes qui peuvent survenir. Dans les lieux de travail isolés, il est important que les problèmes liés à la santé mentale qui peuvent survenir soient reconnus et que les syndicats et la direction entretiennent de bonnes relations, lorsqu'il s'agit d'un lieu de travail syndiqué.
  • Les participants ont également indiqué que les programmes d'intervention devraient inclure des mécanismes de contrôle et d'évaluation.

Intervention personnelle

  • Des outils d'auto-évaluation pourraient aider les travailleurs à réagir à leur expérience traumatisante.

Ressources d'intervention en cas de traumatisme

Les membres de la table ronde ont lancé de nombreuses idées sur les ressources existantes susceptibles d'être utilisées et les nouvelles ressources qu'il serait possible de créer pour soutenir les lieux de travail et les employés qui font face à un diagnostic précoce de trouble psychologique déclenché par un événement traumatique associé au travail, et encourager les personnes affectées à suivre un traitement le plus tôt possible.

Attention des médias

  • Imaginer comment les médias pourraient contribuer à diffuser l'information sur le stress mental traumatique en tablant sur l'attention qu'ils accordent actuellement à la santé mentale.

Campagnes d'information sur le lieu de travail

  • Des campagnes d'information sur le lieu de travail, comme des « étiquettes de mise en garde » ou des campagnes d'affichage, peuvent aider à attirer l'attention sur l'importance de reconnaître ces problèmes dès le début et d'obtenir l'aide nécessaire.

Centralisation et élaboration des ressources

  • Rassembler à un même endroit les ressources d'information sur la détection et le traitement précoces offertes. Il pourrait s'agir d'un portail Web.
  • Le MTR, en collaboration avec les spécialistes de la santé mentale, pourrait dresser et fournir une liste des ressources qui sont actuellement offertes.
  • Des associations de santé et de sécurité pourraient créer des ressources, par exemple des affiches.

Comités mixtes sur la santé et la sécurité

  • Des comités mixtes sur la santé et la sécurité pourraient être envisagés en tant que ressource apte à soutenir la détection et le traitement précoces.

Services et soutien

  • Envisager dans quelle mesure et comment le modèle de soutien de Télésanté est applicable dans ce domaine.
  • Envisager dans quelle mesure et comment les associations de santé et de sécurité, qui offrent des services et du soutien en matière de santé et de sécurité aux employeurs et aux employés, pourraient participer à ce domaine.
  • Envisager comment la CSPAAT pourrait être utilisée en tant que ressource puisqu'elle est parfois en contact avec des travailleurs blessés qui demandent une indemnisation après un événement traumatisant ou une expérience de traumatismes répétés. Dans ce contexte, les membres ont suggéré que la CSPAAT joue un rôle de sensibilisation en soutenant et en encourageant une détection et un traitement précoces. Les participants ont mentionné que les processus de la CSPAAT devaient être plus souples si elle veut être en mesure de soutenir et d'encourager une détection et un traitement précoces[6].

Exigences obligatoires

  • Les participants ont proposé que la Norme nationale du Canada d'application volontaire sur la santé et la sécurité psychologiques en milieu de travail soit plus qu'une mesure. (Il s'agit d'une norme d'application volontaire qui fournit des directives aux employeurs canadiens permettant de créer des milieux de travail sécuritaires et sains sur le plan psychologique et de les améliorer continuellement.)

Sensibilisation aux causes des troubles

Divers membres de la table ronde ont présenté des idées sur la façon dont il faut favoriser la sensibilisation en ce qui concerne l'évolution des troubles psychologiques afin d'atténuer leur évolution.

Sensibilisation sur les lieux de travail

  • La sensibilisation, en accordant une attention particulière à la réduction du stigmate, devrait viser tous les organismes, directeurs et employés. Des séances de sensibilisation pourraient être offertes dans le cadre de rencontres d'orientation au début de la carrière d'un employé, puis de façon continue (p. ex., des déjeuners-conférences).
  • Les participants ont proposé une autre idée comme thème de sensibilisation qui touchait le problème de « Mêlez-vous de ce qui vous regarde ». Plutôt que de se « mêler de ce qui les regarde », ils ont suggéré que la direction encourage les employés à parler directement à leurs collègues qui souffrent de stress mental traumatique. Cette démarche pourrait être appuyée par des directives sur les responsabilités des cadres et une formation officielle sur la façon de communiquer avec des personnes souffrant de troubles psychologiques que les RH donneraient au personnel.

Tirer parti des initiatives existantes

  • Les membres de la table ronde ont mentionné qu'il pourrait être avantageux de tabler sur des initiatives comme la Semaine de sensibilisation aux maladies mentales et La santé mentale au travail visant à favoriser la sensibilisation au stress mental traumatique.
  • Une autre suggestion était d'envisager de tirer parti des programmes de Premiers soins en santé mentale. (Premiers Soins en Santé Mentale Canada est un programme qui vise à améliorer les connaissances en santé mentale et propose des compétences et des connaissances pour aider les personnes à mieux faire face aux troubles de santé mentale potentiels ou présents, que ce soit pour elles-mêmes, un membre de la famille, un ami ou un collègue.)

Financement

  • Un financement supplémentaire pourrait appuyer la sensibilisation, par exemple, en permettant aux programmes d'aide aux employés d'offrir davantage de spécialistes et de soutien puisque certains programmes d'aide aux employés n'offrent que du soutien individuel.

Démarches axées sur les pairs

  • Les participants ont formulé des observations sur la valeur des programmes axés sur les pairs, officiels ou non, sur le lieu de travail pour favoriser la sensibilisation et fournir du soutien. Ils ont fourni des exemples d'organismes dotés d'excellents programmes de soutien qui pourraient servir de modèles à d'autres organismes. Une autre suggestion touchant les démarches axées sur les pairs était l'organisation de campagnes sur la santé et la sécurité auxquelles les collègues de travail participeraient à la mise en oeuvre.

Formation d'équipes d'action

  • Des équipes d'action pourraient servir à favoriser la sensibilisation aux troubles psychologiques et éviter qu'ils ne s'aggravent.

Collaboration et échange entre les organismes

  • Les organismes pourraient échanger les démarches réussies ou en entreprendre en collaboration.

Discussion sur le suivi et le soutien : réunion du 19 juin

La discussion sur le suivi et le soutien était axée sur la meilleure façon d'aider les personnes qui retournent au travail après une expérience traumatisante liée au travail et éviter ainsi que l’événement ne se reproduise. Les membres de la table ronde ont accordé une grande attention aux moyens et aux méthodes utilisés en matière de sensibilisation, d'éducation, de formation, et à l'échange de connaissances en ce qui a trait à la façon de soutenir adéquatement les personnes qui retournent au travail après avoir vécu une expérience traumatisante liée au travail.

Dans le cadre de cette réunion, le Dr Bender a fait une présentation sur le rétablissement et le retour au travail après une blessure psychologique et le Dr Rakesh Jetly, sur les soins de santé mentale dans les Forces canadiennes.

Les diverses idées que les membres ont générées dans le domaine du suivi et du soutien et qui sont ressorties des discussions sont résumées ci-dessous.

Sensibilisation au soutien pour le retour au travail

Les membres de la table ronde ont eu plusieurs idées sur la façon dont les secteurs et les milieux de travail peuvent accroître la sensibilisation à la manière de soutenir les personnes qui retournent au travail afin d'éviter que l’événement ne se reproduise.

Sensibilisation et formation

  • La sensibilisation à la façon de soutenir les personnes qui retournent au travail pourrait commencer dès le début de leur vie professionnelle, par exemple, en ciblant les établissements d'enseignement. Les membres ont également suggéré le partage de témoignages comme démarche de sensibilisation efficace.
  • Les parties du lieu de travail pourraient suivre des cours bien conçus et spécialement adaptés aux façons dont les lieux de travail peuvent soutenir la réintégration au travail et éviter que l’événement ne se reproduise.
  • L'équipe d'intervention en invalidité professionnelle (un projet sans but lucratif mis sur pied par la Fédération du travail de l'Ontario visant à fournir aux travailleurs et à leurs représentants de la formation sur l'assurance contre les accidents de travail et la prévention des invalidités en milieu de travail ainsi que des services de consultation) est un exemple précis d'efforts de sensibilisation et de formation déjà en cours. « Paving the Way 2: Facilitating Work-Reintegration » est une initiative de l'équipe d'intervention en invalidité professionnelle qui permet de sensibiliser les travailleurs à la santé mentale et aux problèmes de rechute.
  • Les employeurs doivent apprendre comment soutenir les personnes qui retournent au travail. L'une des idées que les membres ont proposées était de donner de la formation aux employeurs importants. Ils ont cité en exemple l'équipe d'intervention en invalidité professionnelle (mentionnée précédemment) qui a été invitée par un employeur important, le Système de santé de Niagara, à donner une formation.
  • Les membres ont fait plusieurs suggestions sur les possibles sujets de sensibilisation et de formation liés au rétablissement, à la prévention des rechutes et au soutien du retour au travail. Les propositions dans ce domaine comprenaient l'importance de la lutte contre la stigmatisation, particulièrement parmi les dirigeants; la sensibilisation sur le renforcement de la résilience comme stratégie de prévention des rechutes; la sensibilisation sur un retour au travail adéquat (y compris, possiblement, le recours à des principes de prévention des invalidités); et la sensibilisation sur les dangers de l'évitement.

Rayonnement

  • Au cours des discussions, les membres de la table ronde ont mentionné des démarches de rayonnement visant à accroître la sensibilisation aux moyens de soutenir les personnes qui retournent au travail et d'éviter que l’événement ne se reproduise. Ils ont donné un exemple dans ce domaine qui touchait le secteur des services d'incendie dont le personnel de la santé et de la sécurité, en collaboration avec les travailleurs et la direction, fait un exposé sur le soutien aux personnes qui souffrent d'un stress mental traumatique dans le cadre d'une conférence sur la santé et la sécurité.

Leadership organisationnel et gestion

  • Les participants ont eu un certain nombre d'idées sur le rôle que jouent le leadership organisationnel et la gestion dans l'accroissement de la sensibilisation aux façons dont sont appuyées les personnes qui retournent au travail. Durant les discussions, nous avons entendu qu'il importait de mettre en place un véritable leadership compatissant. D'autres membres ont souligné qu'il était nécessaire de promouvoir des styles de gestion qui soutiennent les personnes qui retournent au travail et reconnaissent les problèmes de santé mentale.
  • Ils ont également suggéré d'établir des attentes pour les dirigeants et les cadres dans les critères de rendement sur la façon dont ils soutiennent un milieu de travail qui facilite le retour aux activités professionnelles.

Ressources humaines

  • Une idée évoquée sur le rôle que pourraient jouer les RH dans ce domaine était qu'elles établissent des protocoles sur la façon de soutenir les personnes qui retournent au travail. Les participants ont suggéré que des directives sur la façon d'aborder certaines questions de vie privée (p. ex., la difficulté de communiquer les raisons de l'absence d'une personne à des collègues) pourraient s'avérer nécessaires, puisque connaître la situation peut contribuer à alléger le retour au travail.

Soutien par les pairs

  • Plusieurs membres ont dit que la « formation des formateurs » est la démarche la plus efficace de sensibiliser les travailleurs à la façon de soutenir des collèges qui retournent au travail après un événement traumatisant.

Exigences obligatoires

  • Des membres ont souligné que l'accroissement de la sensibilisation passe d'abord par le MTR puisque, sans sensibilisation générale, il pourrait ne pas y avoir d'appui d'ensemble. Ils ont également dit que le MTR devrait envisager de recourir à des outils législatifs et d'application de la loi pour imposer des exigences aux employeurs. Les exigences des employeurs, avec le soutien du MTR, devraient être appuyées par tous les ministères ontariens afin de mettre sur pied des programmes de prévention des invalidités. Les membres ont également reconnu que toute démarche obligatoire doit être sensible aux difficultés d'adaptation des règlements à différents milieux de travail.

Système de soins de santé

  • Certaines discussions ont porté sur l'idée que le système de soins de santé pourrait participer à l'accroissement de la sensibilisation aux façons de soutenir les personnes qui retournent au travail et de prévenir leur rechute. Les membres de la table ronde ont exprimé plusieurs idées sur le rôle du MSSLD, comme le fait de vouloir que le MSSLD joue un rôle de chef de file, transmette un message, soutienne une intervention précoce, dégage les fonds nécessaires aux programmes et aux services et tienne aussi compte des aspects du modèle concernant le soutien et les services que les Forces armées canadiennes fournissent aux personnes touchées par un traumatisme psychologique au cours d'une mission. Les participants ont également suggéré que le MSSLD et les réseaux locaux d'intégration des services de santé pourraient inclure les attentes relatives au stress mental traumatique dans les ententes de responsabilisation du chef de la direction dans le secteur des soins de santé.

Système d’indemnisation des travailleurs

  • Un point de vue des participants était que la CSPAAT doit devenir un partenaire clé et modifier ses politiques pour éviter d'aggraver l'état de stress mental traumatique des personnes.

Échange des connaissances sur les pratiques de rétablissement

Les membres ont généré plusieurs idées sur la façon dont les secteurs et les organismes peuvent échanger des connaissances sur les principes de prévention de retour au travail des employés après une période d'invalidité, le soutien et les pratiques de rétablissement qui sont susceptibles d'aider.

Ces idées comprenaient notamment :

  • Outils Web – p. ex., des webinaires, pour l'échange de renseignements entre les secteurs et les organismes.
  • Documents de communications – p. ex., des bulletins d'information et des études de cas.
  • Sources spécialisées – p. ex., des revues et des groupes de réflexion.
  • Réseaux professionnels – p. ex., une communauté de pratique.
  • Rayonnement – par l'établissement des façons d'atteindre différents publics et la recherche de possibilités d'alliance.
  • Formation annuelle obligatoire – pour informer les membres du personnel clés des principes de prévention de retour au travail des employés après une période d'invalidité, du soutien et des pratiques de rétablissement.
  • Répertoire central d'information – p. ex., les renseignements sur le retour au travail des employés après une période d'invalidité. Les renseignements doivent se trouver où l'on y s'attend et être facilement accessibles aux travailleurs et aux employeurs de l'ensemble de l'Ontario – par exemple, devraient-ils relever de la CSPAAT ou du Bureau de la prévention du MTR?

Culture d'acceptation sur le lieu de travail

Les membres de la table ronde ont dialogué et généré des idées sur la façon d'instaurer des cultures organisationnelles qui favorisent l'acceptation et la reconnaissance des problèmes de stress mental traumatique associé au travail. Cette discussion sur la culture au travail touchait toutes les étapes du continuum.

Leadership organisationnel

  • Durant la discussion, les participants ont dit que l'instauration d'une culture organisationnelle, qui favorise l'acceptation et la reconnaissance des problèmes liés au stress psychologique, nécessite un soutien qui vient des échelons supérieurs, y compris un engagement des dirigeants qui permet d'apporter de la souplesse à l'organisme et de créer un milieu compatissant.
  • Une autre suggestion qu'ont faite les membres était d'établir des critères pour les dirigeants des organismes afin de s'assurer que des mesures sont prises pour appuyer la mise en place d'un lieu de travail qui reconnaît les problèmes de stress mental traumatique associé au travail.
  • Ils ont exprimé leur préoccupation concernant la possibilité que les dirigeants tentent d'entraver les efforts de changement de culture et la façon d'aborder ces dirigeants « encroûtés ».

Politiques et attentes organisationnelles

  • Les membres ont également fait des commentaires sur le besoin pour les organismes d'énoncer des attentes, comme l'établissement des priorités, des normes, des objectifs et des politiques, pour instaurer des cultures organisationnelles qui favorisent l'acceptation et la reconnaissance des problèmes de stress psychologique, et sur le fait qu'il est essentiel d'abolir les obstacles.

Ressources et outils des cadres de première ligne

  • Les idées pour appuyer les cadres de première ligne incluaient la formation d'équipes spécialisées qui les soutiennent; des exigences professionnelles bien définies afin de s'assurer que les cadres peuvent promouvoir une culture fondée sur l'acceptation et la reconnaissance des problèmes de santé mentale; et la prestation de programmes de travail de transition fondés sur des faits probants pendant la période de retour au travail. Les participants ont également mentionné par la suite les principes de prévention des invalidités comme un outil important pour les cadres de première ligne puisqu'ils soutiennent les personnes qui retournent au travail.

Sensibilisation et promotion sur le lieu de travail

  • Les idées pour les stratégies de promotion d'une culture d'acceptation et de reconnaissance sur le lieu de travail incluaient la promotion de bonnes pratiques et le renforcement positif de comportements exemplaires; le partage des réussites et des études de cas; la diffusion d'analyse de rentabilisation du rendement de l'investissement pour les initiatives axées sur le bien-être; la sensibilisation du personnel sur les problèmes, les processus et les résultats; et l'assurance que les travailleurs sont informés de ce à quoi ils peuvent s'attendre quant à la façon dont l'organisme aborde les problèmes de stress mental traumatique associé au travail.

précédent | suivant

[6] Dans le cas des personnes qui signalent leur problème et dont la demande d’indemnisation relative au stress mental traumatique a été acceptée, la CSPAAT est actuellement responsable d'organiser le traitement du travailleur.