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Matériel de protection individuelle en radiologie

  • Diffusion : novembre 2013
  • Dernière mise à jour : novembre 2013

Avis de non-responsabilité : Cette ressource a été créée pour aider les parties des lieux de travail à comprendre certaines des obligations que leur imposent la Loi sur la santé et la sécurité au travail, et les règlements qui y sont associés. Il ne se veut pas un avis juridique et ne vise pas à remplacer la Loi sur la santé et la sécurité au travail et les règlements qui y sont associés. Pour obtenir de plus amples renseignements, voir l'avis de non-responsabilité intégral.

En matière de radiologie, la protection comprend une hiérarchie de mesures de contrôle. La conception technique et la construction, la politique / les procédures administratives ainsi que le matériel de protection individuelle s'attaquent aux trois principes de base de réduction des doses : le temps, la distance et la protection. Dans le cadre des examens aux rayons X à faisceau ouvert pendant lesquels un opérateur d'appareil de radiographie doit demeurer dans la salle d'examen, le matériel de protection individuelle (MPI) constitue la dernière barrière de défense pour réduire l'exposition au rayonnement ionisant une fois toutes les autres mesures techniques et administrative maximisées.

Exemples d'exigences légales et réglementaires à l'égard du MPI

En vertu de la Loi sur la santé et la sécurité au travail (LSST) l'employeur, le superviseur et le travailleur ont des devoirs à l'égard du matériel (ou des appareils) de protection. Il s'agit notamment des devoirs apparaissant ci-dessous.

  • Employeur – doit veiller à ce que les appareils de protection fournis par l'employeur soient maintenus en bon état; à ce que les appareils de protection prescrits soient fournis et à ce que le matériel et les appareils de protection soient utilisés comme prescrit.
  • Superviseur – doit veiller à ce que le travailleur emploie ou porte le matériel et les appareils de protection exigés par l’employeur et travaille de la façon et en utilisant les appareils de protection qu'exigent la loi et les règlements et respecte les mesures à prendre et les méthodes à suivre qu'ils exigent.
  • Travailleur – emploie ou porte les appareils de protection exigés par son employeur et signale les défectuosités à son employeur ou à son superviseur.

L'utilisation du MPI a pour but d'assurer que l'équivalent de la dose reçue par le travailleur est le plus bas qui soit raisonnablement possible d'atteindre et que les limites énoncées dans le Règlement concernant la sécurité des rayons X (Règl. 861) (en anglais seulement) ne sont pas dépassées.

Le Règlement concernant la sécurité des rayons X (Règl. 861) pris en application de la LSST exige que les personnes qui retiennent ou soutiennent un animal dans le cadre de rayons X pratiqués en milieu vétérinaire aient accès à des tabliers et des gants de protection ayant une épaisseur équivalente de plomb d'au moins 0,5 millimètre.

Les milieux de travail régis par le Règlement de l'Ontario 67/93 Établissements d'hébergement et de soins de santé, sont tenus d'élaborer, d'établir et de mettre en place des mesures et des méthodes écrites concernant, sans toutefois s'y limiter : des pratiques de travail sécuritaires, l'utilisation, l’entretien et le fonctionnement appropriés du matériel et l'utilisation, le port et l’entretien du MPI et les limites de ce matériel en consultation avec le comité mixte sur la santé et la sécurité au travail ou le délégué à la santé et à la sécurité, s’il y en a un. Les employeurs sont tenus d'examiner et de réviser ces mesures et méthodes au moins une fois par année à la lumière des connaissances et des pratiques les plus récentes. En consultation avec le comité mixte sur la santé et la sécurité au travail ou le délégué à la santé et à la sécurité, l’em ployeur est tenu d'élaborer, établir et fournir au travailleur un programme de formation sur les mesures et les procédures d’hygiène et de sécurité qui se rapportent à leur travail.

Dans les milieux où les travailleurs sont tenus, par le Règl. de l'Ont. 67/93 ou leur employeur, d'utiliser du MPI :

  • l'employeur doit s'assurer que les travailleurs ont reçu une formation ou des directives concernant son entretien, son utilisation et ses limites avant de le porter ou de l'utiliser pour la première fois et à intervalles réguliers par la suite;
  • les travailleurs sont tenus de connaître les directives et de suivre la formation;
  • le MPI fourni, porté ou utilisé doit être ajusté de façon appropriée.

L'article 15 du Règl. de l'Ont. 67/93 exige que le travailleur qui soutient, positionne ou immobilise un malade ou un pensionnaire pendant une radiographie reçoit et porte un tablier et des gants protecteurs et, s’il y a lieu, un collier protecteur ayant une épaisseur équivalente de plomb d’au moins 0,5 millimètre.

Les milieux de travail régis par le Règlement relatif aux établissements industriels (Règlement 851) qui exigent la protection des travailleurs contre l'exposition aux rayons X doivent se conformer à l'article 79 du Règlement 851 qui stipule ce qui suit :

  • Le travailleur qui est tenu de porter ou d’utiliser un vêtement, un dispositif ou un appareil de protection reçoit au préalable une formation sur son entretien et son utilisation.
  • Pour les milieux de travail qui ne sont régis par aucune réglementation, l'employeur devrait prendre toutes les précautions raisonnables pour protéger les employés contre les dangers de la radiation; cela se fait notamment en s'assurant que les travailleurs portent le MPI approprié.
  • Le Règlement 543 (X–Ray Safety Code) (en anglais seulement) pris en application de la Loi sur la protection contre les rayons X du ministère de la Santé et des Soins de longue durée exige que des accessoires de protection d'une épaisseur équivalente de plomb d’au moins 0,5 millimètre à 150 kilovolts en crête (kVc) soient à la disposition des personnes qui pourraient être exposées à des rayons X dans un établissement médical.

Devoirs généraux et précautions raisonnables

La LSST contient également une gamme de devoirs généraux, notamment le devoir de l'employeur de prendre toutes les précautions raisonnables dans les circonstances pour assurer la protection du travailleur.

Généralement, les cas qui suivent sont des exemples de ce que l'on peut considérer comme des précautions raisonnables en ce qui concerne le MPI en radiologie.

Évaluations des risques et examens de contrôle

Un programme complet relatif au MPI est important. L'employeur, la personne compétente désignée, le superviseur ou l'agent de protection contre les radiations (conformément au Règlement 543) devrait évaluer les besoins de protection de chaque travailleur selon le travail qu'il est tenu d'effectuer dans l'environnement exigé. Le programme relatif au MPI devrait inclure les éléments ci-dessous.

  1. Une politique relative au choix, aux essais d'ajustement, au port, à l'inspection, à l'entretien et à l'entreposage du MPI et à la formation connexe.
  2. Les rôles et responsabilités des parties du milieu de travail en ce qui concerne : l'évaluation des risques, l'analyse du contrôle du danger, le choix et l'inspection du MPI, la formation, etc.
  3. Évaluation des risques : cerner les zones présentant un danger d'exposition aux radiations et évaluer le potentiel de cette dernière.
  4. Analyse du contrôle du danger : établir quelles mesures de contrôle (p. ex., techniques, administratives et pratiques exemplaires) sont en place et utilisées pour réduire l'exposition aux rayons X. Quand les mesures de contrôle ne sont pas applicables ou non adéquates pour protéger les travailleurs, déterminer qui risque d'être exposé – et dans quelle mesure certaines parties du corps le sont – ainsi que le niveau et le type de MPI nécessaires.
  5. Choix du MPI : s'assurer que l'équivalence de plomb respecte les exigences relatives à la protection et que le MPI est étiqueté comme respectant ces exigences. La conception, la taille et la disposition du MPI devraient être telles que tous les organes et toutes les parties du corps devant être protégés le soient, dans toutes les postures et positions de travail que prend l'opérateur pendant un examen aux rayons X.
  6. Essai d'ajustement : ajustement et capacité de se mouvoir appropriés.
  7. Entreposage : les tabliers, cache-thyroïde et gants devraient être entreposés adéquatement, soit suspendus ou placés sur des cintres appropriés.
  8. Inspection et entretien : il faut vérifier si le MPI présente des défectuosités, tester la protection/l'atténuation qu'il fournit pour s'assurer que ce dernier présente l'équivalence de plomb exigée, nettoyer et réparer les défectuosités non associées à la doublure de plomb, p. ex., les agrafes ou les bandes de Velcro.
  9. Formation : sur la sélection, les limites, les essais d'ajustement, l'entreposage, l'inspection et l'entretien.

Protection offerte par le MPI

La protection obtenue par le MPI à une tension donnée (exprimée en kVc) devrait être aussi élevée, sinon plus, que celle que l'on obtiendrait grâce à une épaisseur de 0,5 mm de plomb ordinaire au même niveau de rayonnement. Cette équivalence de protection devrait être supérieure à la gamme de rayonnements utilisés dans une pièce ou dans le cadre d'une application particulières.

Types de MPI

Tabliers et cache-thyroïde en plomb

L'efficacité des tabliers et des cache-thyroïde en plomb pour réduire l'exposition aux fuites ou à la dispersion de rayons dépend directement de leur conception, de l'ajustement et de la façon dont on les utilise.

Conception

Tout matériel toxique utilisé dans le MPI pour atténuer les effets des rayons X devrait être placé entre des matières inertes ou encapsulé dans une substance qui ne lui permet pas d'entrer en contact avec la personne qui le porte. Le matériau d'atténuation devrait être fixé au matériau encapsulant, ce qui l'empêche de se tasser, de se délaminer, de se déchirer ou de se déformer avec le temps.

Ajustement

L'ajustement du matériel de protection devrait être tel que tous les organes et toutes les parties du corps devant être protégés le soient, dans toutes les postures et positions (orientation relative à la source de rayons X ou à l'appareil de diffusion) que prend l'opérateur pendant un examen aux rayons X. Cela peut comprendre l'ajustement sur mesure; toutefois, le travailleur devrait pouvoir au moins choisir parmi une gamme de tailles.

L'ajustement des tabliers porte-feuilles devrait être tel que la section de matériau qui se chevauche offre une protection appropriée et convenable. La partie du corps recouverte de ce matériau devrait comprendre tout l'avant du corps (surface antérieure) et aller jusqu'à la moitié postérieure du corps.

Le cache-thyroïde et le tablier devraient s'ajuster de manière à se compléter l'un l'autre, c'est-à-dire de manière qu'il n'y ait aucun espace entre les deux.

Utilisation

Si les fonctions d'un opérateur l'obligent à tourner le dos à l'appareil de diffusion (au patient) pendant une période prolongée (selon l'évaluation des risques), les couches latérales et postérieures du matériel de protection devraient fournir une protection appropriée et convenable. Dans le cadre d'applications à dose intensive, notamment les angiographies, les cathétérismes cardiaques et l'imagerie d'intervention, les tabliers sans dos ne sont pas acceptables pour quiconque autre que l'opérateur qui contrôle la pédale ou l'interrupteur commandant la radio-exposition.

On devrait tenir compte de l'ergonomie au moment de faire l'achat d'un tablier. Le support lombaire sous forme de ceinture de plomb et les épaulettes rembourrées peuvent améliorer le confort et diminuer les risques de blessure au dos. Les jupes et hauts séparés peuvent répartir le poids sur plusieurs grandes articulations du corps. On devrait suivre les directives du fabricant en matière d'entretien et d'entreposage. Par exemple, suspendre les tabliers lorsqu'on ne les utilise pas. Ne jamais plier ou froisser les tabliers.

Lunettes plombées

Dans le cadre d'examen où la diffusion de la radiation au cristallin de l'œil pourrait s'approcher de l'équivalent de la dose limite annuelle de 150 millisieverts, l'utilisation de lunettes plombées est recommandée en vertu du Règlement 861.

Gants de protection

Les gants de protection ou les gants à manchette doivent présenter une épaisseur équivalente de plomb d'au moins 0,5 mm dans leur totalité, y compris aux doigts et aux poignets, conformément au Règl. de l’Ont. 67/93.

Exigences générales relatives au MPI

Étiquetage

Le MPI devrait porter une étiquette permanente indiquant l'équivalent en plomb du matériel de façon lisible selon le Code de sécurité 35 de Santé Canada. La pièce spécifique dans laquelle le tablier est utilisé, ou l'application à laquelle sert le tablier, devrait également être indiquée sur l'étiquette.

Vérification du respect des exigences du ministère du Travail en matière de protection

On peut obtenir, sous forme de certificat ou de test de comparaison matérielle émis ou effectué par le fournisseur ou le fabricant, un document qui précise que le matériel de protection offre la protection appropriée et convenable. Le test de vérification devrait comprendre la comparaison de l'échelle de gris, la densité optique ou les mesures de radiation entre le matériel de protection et une épaisseur de 0,5 mm de plomb ordinaire pour la gamme de tensions (kVc) utilisées dans une pièce ou pour une application en particulier.

Essai d'assurance de la qualité

On considère généralement comme une pratique d'assurance de la qualité acceptable le fait de vérifier l'intégrité du MPI tous les six mois. Cela peut souvent se faire par l'intermédiaire d'une inspection visuelle et tactile consignée. De plus, un examen fluoroscopique ou une évaluation écrite consignés d'une ou de plusieurs pellicules radiographiques devrait être réalisé au moins une fois l'an, ou plus fréquemment si l'utilisation, les conditions ou d'autres circonstances l'exigent. Les inspecteurs du ministère du Travail devraient pouvoir se procurer sur demande les registres des tests et les documents de suivi. En vertu des alinéas 25 (1) a) et b) de la LSST, il s'agit d'un devoir général de l'employeur.

Critères de rejet

Tout matériel de protection affichant des défectuosités visuelles, tactiles ou des défectuosités au cours de l'examen aux rayons X doit être réparé ou remplacé. Cela comprend les déchirures, les coutures défaites, les déformations produisant une atténuation non uniforme et les piqûres ou les perforations multiples.

En d'autres termes, le vêtement de plomb qui présente des défauts comme des trous ou des fissures devrait être déclassé si la zone totale des trous ou des fissures dépasse celle qui apparaît au tableau ci-dessous.

Zone totale maximale des trous ou des fissures du vêtement de protection au plomb[1]
Type de vêtement Zone totale
Tablier de plomb avec cache-thyroïde intégré 10 cm2 sur tout le corps
0,2 cm2 ou 20 mm2 au niveau des parties génitales
1 cm2 dans la région cervicale
Cache-thyroïde séparé 0,03 cm2 ou 3 mm2
Gant avec manchette 3 cm2

[1]Référence : DURAN, Emerenciana et Brian PHILLIPS. Rejection Criteria For Defects In Lead Apparel Used For Radiation Protection Of X-ray Workers (PDF - en anglais seulement). Radiation Protection Services, BC Centre for Disease Control, 1er mars 2003

ISBN 978-1-4606-3214-7 (HTML)

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