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I. Profil du secteur minier de l'Ontario

  • Diffusion : 10 septembre 2014
  • Dernière mise à jour : septembre 2014
  • Voir aussi : Rapport final

Le secteur minier de l'Ontario est très diversifié, car il compte des exploitations souterraines et à ciel ouvert, ainsi que des installations de transformation. Il comporte également des exploitations de sablières et de gravières. Les entreprises extraient une grande variété de minerais, dont l'or, le nickel, le cuivre, le sel, les diamants et un certain nombre de matériaux de construction structuraux. En 2013, l'industrie minière ontarienne a employé directement plus de 27 000 personnes et a créé plus de 50 000 emplois indirects dans la province par l'entremise de ses chaînes d'approvisionnement et de ses activités de soutien. Le salaire hebdomadaire moyen dans le secteur minier en 2011 dépassait de près de 60 % la moyenne des salaires dans les industries de l'Ontario, alors que les salaires versés dans le secteur du soutien à l'exploitation minière étaient de près de 95 % plus élevés[3].

C'est dans les mines souterraines que l'on trouve la majorité des emplois directs et indirects du secteur minier. Trente-huit mines sont actuellement en exploitation et on s'attend à en ouvrir huit autres au cours de la prochaine décennie[4]. L'ouverture d'une nouvelle mine génère un produit intérieur brut approximatif de 22 millions de dollars. De plus, une mine crée en moyenne 300 emplois directs et plus de 2 200 emplois indirects[5]. La majorité des mines souterraines – et leur impact économique – se trouve dans le Nord de l'Ontario.

Si les emplois que génère l'industrie minière en règle générale sont répartis dans l'ensemble de la province, ceux-ci sont concentrés dans le Nord de l'Ontario. Au cours des dernières années, d'importantes possibilités se sont présentées pour la province dans la région appelée « Cercle de feu », dans le Grand Nord. Une variété de gisements minéraux ont été découverts, dont la chromite, une composante essentielle de l'acier inoxydable que l'on ne peut autrement trouver en Amérique du Nord.

Une industrie croissante et changeante

Soutenu par l'augmentation de la demande mondiale de produits de base des dernières années, l'Ontario a connu une forte croissance dans le secteur minier. Depuis 2009, le produit intérieur brut (PIB) réel dans le secteur minier a augmenté à un taux annuel moyen de 5,7 pour cent – ce qui est de loin supérieur aux taux de croissance du PIB réel de 1,2 pour cent dans l'économie en général[6 ].

Les perspectives pour le secteur minier ontarien sont très prometteuses. Dans cette enquête sur les prévisions accessibles du secteur privé, le ministère des Finances de l'Ontario a découvert un éventail de points de vue, dont la majorité s'attendent à une augmentation de la production du secteur minier. Au cours des cinq prochaines années, on prévoit qu'il y aura plus de démarrage de nouvelles entreprises minières que de fermeture de mines existantes, avec une augmentation nette prévue de huit mines. On prévoit également l'expansion de certaines mines existantes.

Les nouvelles pratiques en matière d'exploitation minière souterraine et l'obligation croissante de fonctionner le plus efficacement possible entraîneront une augmentation de la demande de nouvelles technologies. Un plus grand nombre de mines dans les régions éloignées entraîneront un besoin croissant de soutien technique hors site. Avec l'accroissement de la mondialisation de l'industrie minière souterraine, les investissements et les propriétaires étrangers dans le secteur minier ontarien ont augmenté de façon importante. Ces nouveaux investissements ont donné lieu à une augmentation des nouvelles technologies et des solutions de production. Le secteur minier est aujourd'hui plus sophistiqué et plus complexe qu'auparavant et cette tendance devrait se maintenir. Toutes les nouvelles technologies et solutions influent sur la santé et la sécurité.

Défis relatifs à la main-d'œuvre

La croissance du secteur minier se produit au moment où la main-d'œuvre vieillit. D'ici 2018, environ 50 % des mineurs de l'Ontario quitteront l'industrie – plus de la moitié de ces travailleurs prendront leur retraite[7]. Des pertes d'employés de cette envergure entraîneront de grands besoins d'embauche et de formation[8]. Par le passé, l'industrie minière ontarienne représentait 14 900 des nouveaux arrivants au sein de la main-d'œuvre sur une période de 10 ans – ou 3 pour cent des personnes entrant sur le marché du travail[9]. Cependant, un rapport du Conseil des ressources humaines de l'industrie minière (RHiM) prévoit que le secteur minier ontarien pourrait nécessiter jusqu'à 59 000 nouveaux employés d'ici 2023[ 10 ]. Compte tenu des nouvelles technologies et solutions d'exploitation minière, ces employés auront besoin d'acquérir d'autres compétences.

Le gouvernement provincial collabore étroitement avec les associations de l'industrie, les intervenants communautaires, le secteur de l'éducation ainsi que les associations de santé et de sécurité pour mettre en œuvre des stratégies afin d'assurer que ce secteur essentiel possède les employés qualifiés dont il a besoin. Par exemple, les possibilités d'éducation offertes aux étudiants sont plus nombreuses, et davantage d'efforts sont faits pour améliorer l'image de l'industrie et pour attirer de nouveaux talents vers le Nord et les retenir. Les organisations industrielles adoptent une démarche proactive en sensibilisant les étudiants et les enseignants au sujet de l'industrie. Les employeurs forment et embauchent également des employés non traditionnels comme des femmes et des Autochtones pour travailler dans les mines.

Les défis que pose la disponibilité de la main-d'œuvre à long terme diffèrent pour l'ensemble de l'industrie minière de ceux des projets de développement régional, comme le Cercle de feu ou certaines nouvelles mines et les mines en expansion. Selon le point de vue du secteur, il existe à court terme un bassin de talents mondiaux qui répondent aux besoins actuels en matière d'emploi; toutefois, les mines en régions éloignées peuvent trouver qu'il est plus difficile d'embaucher des travailleurs.

Compte tenu de la croissance du secteur minier ontarien, de sa complexité accrue (c.-à-d. des mines plus profondes et plus éloignées) et du recours croissant à des employés relativement inexpérimentés, le système de santé et de sécurité au travail connaîtra une augmentation des demandes.

Le rapport final de l'examen comprendra une analyse plus détaillée de ces défis relatifs à la main-d'œuvre et de leurs répercussions sur la mise en valeur et l'expansion des nouvelles mines.

La santé et la sécurité au travail dans l'industrie minière ontarienne

En 2013, 25 blessures graves et trois décès traumatiques ont été signalés au ministère du Travail dans le secteur minier[11]. Au cours des dix dernières années, le nombre de blessures graves signalées au ministère a diminué. Le nombre de décès signalés annuellement a varié entre un et cinq et est légèrement plus élevé ces dernières années. À ce jour en 2014, six décès ont été signalés au ministère du Travail.

Au cours des dix dernières années, dans le secteur minier ontarien :

  • 337 blessures graves ont été signalées au ministère du Travail;
  • 24 décès ont été signalés au ministère du Travail;
  • 193 demandes d'indemnisation ont été acceptées par la CSPAAT à la suite d'un décès résultant d'une maladie professionnelle

Figure 1. La situation des décès dans le secteur minier ne montre pas d'amélioration importante La situation des décès dans le secteur minier ne montre pas d'amélioration importante

Systèmes de données du ministère du Travail

Tableau 1 : La situation des décès dans le secteur minier ne montre pas d'amélioration importante
AnnéeDécèsBlessures graves
2004 1 52
2005 1 45
2006 3 33
2007 4 36
2008 2 38
2009 1 23
2010 1 30
2011 5 31
2012 3 24
2013 3 25

En 2013, la Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail (CSPAAT) a accepté en tout 158 demandes d'indemnisation à la suite d'un décès résultant d'une maladie professionnelle[12]. Parmi celles-ci, 11 demandes (7 %) étaient liées au secteur minier, soit environ dix fois plus que la proportion de main-d'œuvre assurée active dans le secteur minier[13]. Compte tenu du fait qu'une maladie professionnelle peut mettre des années à se manifester, il importe que l'industrie prenne des mesures dès maintenant pour déceler les futures sources éventuelles de maladies professionnelles et s'y attaquer. La prévention peut sauver de nombreuses vies.

Sur le plan des demandes d'indemnisation à la suite d'une blessure survenue dans le secteur minier qui ont été déposées auprès de la CSPAAT, le nombre de demandes a diminué au cours des dix dernières années. En 2013, le secteur minier affichait un taux de blessures avec interruption de travail acceptées de 0,79 par 100 travailleurs, ce qui est moins que la moitié du taux de 2004 de 1,73 par 100 travailleurs[14]. Cette tendance reflète une baisse des blessures avec interruption de travail acceptées de 389 à 231 – malgré une augmentation de la main-d'œuvre assurable au cours de cette période[15]. Tout au long de cette période, le taux de blessures avec interruption de travail dans le secteur minier était inférieur à la moyenne de celui des employeurs de l'annexe 1[16], et a baissé plus rapidement que le taux global des employeurs de l'annexe 1 (c.-à-d. qu'il est passé de 1,88 à 0,95 blessure par 100 travailleurs assurés)[17].

Figure 2. Le taux de blessures avec interruption de travail acceptées dans le secteur minier a diminué au cours des dix dernières années Le taux de blessures avec interruption de travail acceptées dans le secteur minier a diminué au cours des dix dernières années

Source: CSPAAT. « Les chiffres : Rapport statistique 2013 de la CSPAAT », annexe 1, 2014. Données en date du 31 mars de l'année suivante pour chaque année de blessures et de maladies.

Tableau 2 : Le taux de blessures avec interruption de travail acceptées dans le secteur minier a diminué au cours des dix dernières années
AnnéeTaux de blessures avec interruption de travail
2004 1,73
2005 1,39
2006 1,26
2007 1,30
2008 1,13
2009 0,96
2010 0,98
2011 1,12
2012 0,87
2013 0,79

Une recherche menée conjointement par le ministère du Travail, l'Institut de recherche sur le travail et la santé et le Centre for Spatial Economics (C4SE) souligne combien il importe pour le secteur minier de continuer de réduire les demandes d’indemnisation acceptées pour des blessures. En supposant que la croissance de l'emploi dans le secteur minier corresponde aux prévisions du C4SE, si les taux d'incidence des blessures maintiennent les niveaux de 2011 d'ici 2022, le nombre annuel total de demandes d’indemnisation pour des blessures et des maladies (demandes d’indemnisation avec et sans arrêt de travail) serait de 1 730 demandes[18]. Toutefois, si les taux de blessures continuent de baisser et suivent la tendance observée de 2001 à 2011, le nombre total de demandes d’indemnisation pour des blessures et des maladies serait de 962 demandes – ou un écart de 768 demandes d'indemnisation[19] .

Figure 3. Demandes annuelles acceptées pour le secteur minier Demandes annuelles acceptées pour le secteur minier

Source: Institut de recherche sur le travail et la santé d'après les données de la CSPAAT et les prévisions du C4SE.

Tableau 3a : demandes annuelles acceptées pour le secteur minier
AnnéeDemandes d'indemnisation
2000 2 199
2001 2 187
2002 2 031
2003 2 003
2004 2 251
2005 2 028
2006 1 831
2007 2 079
2008 2 209
2009 1 530
2010 1 422
2011 1 885
Tableau 3b : Demandes acceptées prévues pour le secteur minier en 2022
Demandes annuelles acceptées : Aucune amélioration 1 730
Demandes annuelles acceptées : Améliorations continues 962

Notes en fin de texte

[ 3 ] Université de Toronto. Mining: Dynamic and Dependable for Ontario’s Future, 2012.

[ 4 ] Ministère du Développement du Nord et des Mines, 2014.

[ 5 ] Université de Toronto, « Ontario Mining, A Partner in Prosperity Building », 2007.

[ 6 ] Statistique Canada. Produit intérieur brut par industrie : provinces et territoires, 2013.

[ 7 ] Conseil des ressources humaines de l'industrie minière. Rapport de l'Ontario sur les projections de la demande de main-d'œuvre, 2009.

[ 8 ] Conseil des ressources humaines de l'industrie minière. Rapport de l'Ontario sur les projections de la demande de main-d'œuvre, 2009.

[ 9 ] Conseil des ressources humaines de l'industrie minière. Sudbury Mining Hiring Requirements Forecast, 2013.

[ 10 ] Conseil des ressources humaines de l'industrie minière. Sudbury Mining Hiring Requirements Forecast, 2013.

[ 11 ] Les incidents n'incluent que ceux qui ont été signalés au ministère et ne sont donc potentiellement pas représentatifs de ce qui s'est réellement passé dans les lieux de travail.
Une blessure mortelle relevant de la compétence du ministère du Travail est une blessure ou un incident entraînant la mort d'un employé. Cette catégorie n'inclut pas les décès attribuables à des causes naturelles, les décès sur les lieux de travail de personnes autres que des employés, les suicides, les décès qui relèvent du Code criminel, du Code de la route et du Code canadien du travail ainsi que les décès qui découlent d'une exposition professionnelle qui a eu lieu il y a de nombreuses années.
Le ministère du Travail fait enquête sur les blessures des employés visés par la Loi sur la santé et la sécurité au travail.
Le nombre de blessures graves représente les blessures graves signalées au ministère et peut ne pas nécessairement représenter le nombre de blessures graves au sens de la Loi sur la santé et la sécurité au travail. Les blessures graves qui sont entrées dans les systèmes de données du ministère peuvent comprendre des blessures de personnes autres que des employés, puisque l'on exige que les lieux de travail signalent ces incidents. Les données peuvent changer en raison des mises à jour qu'apportent les inspecteurs à la base de données sur l'exécution de la loi.

[ 12 ] Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail. Les chiffres : Rapport statistique 2013 de la CSPAAT, annexe 1, p. 97, 2014. Données en date du 31 mars 2014 pour l'année de référence.

[ 13 ] Selon les emplois couverts par la CSPAAT de l'annexe 1, p. 9, 2014. Données en date du 31 mars de l'année suivante pour chaque année de blessures et de maladies.

[ 14 ] Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail. Les chiffres : Rapport statistique 2013 de la CSPAAT, annexe 1, p. 13, 2014. Données en date du 31 mars 2014 pour l'année de référence.

[ 15 ] Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail. Les chiffres : Rapport statistique 2013 de la CSPAAT, annexe 1, pp. 10 et 11, 2014. Données en date du 31 mars 2014 pour l'année de référence.

[ 16 ] Les employeurs de l'annexe 1 sont tenus par la loi de payer des primes à la CSPAAT et sont protégés par un système de responsabilité collective. La CSPAAT verse des prestations aux travailleurs blessés à partir des fonds d'assurance communs, les employeurs de l'annexe 1 sont donc libérés de la responsabilité individuelle des coûts réels des accidents.

[ 17 ] Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail. Les chiffres : Rapport statistique 2013 de la CSPAAT, annexe 1, p. 13, 2014. Données en date du 31 mars 2014 pour l'année de référence

[ 18 ] Calculs effectués à partir des prévisions en matière d'emploi fournies par le Centre for Spatial Economics pour 2012 à 2022 et du taux de demandes d'indemnisation acceptées par 100 travailleurs en 2011.

[ 19 ] L'Institut de recherche sur le travail et la santé a fait ses prévisions relatives aux taux de demandes d'indemnisation pour 2012 à 2022 en utilisant une méthode log-linéaire qui s'appuie sur les taux de demandes de 2001 à 2011. Ce taux de demandes d'indemnisation prévu et les prévisions en matière d'emploi du C4SE ont servi à établir les calculs.

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