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Règles pour l’examen médical des plongeurs

Avis de non-responsabilité : Cette ressource a été créée pour aider les parties des lieux de travail à comprendre certaines des obligations que leur imposent la Loi sur la santé et la sécurité au travail, et les règlements qui y sont associés. Il ne se veut pas un avis juridique et ne vise pas à remplacer la Loi sur la santé et la sécurité au travail et les règlements qui y sont associés. Pour obtenir de plus amples renseignements, voir l'avis de non-responsabilité intégral.

Remarque : les règles sont mentionnées dans le Règlement de l’Ontario 629/94 (Opérations de plongée) pris en application de la Loi sur la santé et la sécurité au travail.

1. Connaissances et compétence du médecin

L’examen est effectué par un médecin ayant suivi une formation de base en médecine de plongée et capable d’évaluer les travailleurs à l’égard de l’exposition à la pression atmosphérique. Le médecin réunit les conditions suivantes :

  1. (1) il est autorisé à exercer en Ontario;
  2. (2) il a terminé un cours de formation de base en médecine de plongée;
  3. (3) du fait d’une formation médicale continue, il a une connaissance pratique effective et à jour des lois de la physique qui influent sur le plongeur et l’opération sous-marine;
  4. (4) il comprend l’interaction entre ces lois de la physique et la physiologie du plongeur, ainsi que les conséquences de cette interaction pour le plongeur;
  5. (5) il connaît suffisamment les états pathologiques que peut entraîner l’exposition à la pression;
  6. (6) il est apte à effectuer de façon compétente une évaluation physique des plongeurs éventuels ou actuels et des travailleurs en caisson.

2. Objet

L’examen médical vise à protéger la santé des plongeurs par les moyens suivants :

  1. (1) la détection des maladies préexistantes qui peuvent être aggravées par l’exposition aux variations de la pression atmosphérique (compression et décompression);
  2. (2) l’évaluation de l’effet des variations de la pression atmosphérique sur le plongeur;
  3. (3) le développement de la capacité de prendre des mesures correctives au besoin pour assurer la sécurité du plongeur;
  4. (4) la fourniture d’information médicale sur les effets des variations de la pression atmosphérique et sur les résultats de l’examen médical.

3. Examen médical

  1. (1) Antécédents médicaux et professionnels.
  2. (2) Examen physique.
  3. (3) Tests cliniques
  4. (4) Détermination de l’aptitude.
  5. (5) Information médicale.

4. Dépistage médical et antécédents professionnels

Lorsqu’il effectue l’examen médical, le médecin examine le carnet de plongée du plongeur. Pendant l’examen, on remplit un questionnaire de dépistage[1] pour déceler tout symptôme ou toute maladie qui peut réduire l’aptitude à plonger.

On établit les antécédents professionnels pour déterminer ce qui suit :

  1. (a) les expositions antérieures aux variations de la pression atmosphérique (professionnelles ou non);
  2. (b) la fréquence et la durée des expositions aux variations de la pression atmosphérique depuis le dernier examen;
  3. (c) les signes et les symptômes qui peuvent indiquer une lésion antérieure découlant de la compression ou de la décompression, notamment un traumatisme de l’oreille moyenne, une embolie gazeuse, le mal de décompression, des convulsions liées à l’oxygène, une lésion vestibulaire, le syndrome nerveux des hautes pressions et l’ostéonécrose dysbarique.

5. Examen physique

Pendant l’examen physique, on porte une attention particulière aux systèmes qui peuvent être touchés par les variations de la pression atmosphérique et le stress associés à la plongée, notamment le système cardiopulmonaire, les oreilles, le nez et la gorge, le système musculo-squelettique et le système nerveux central.

6. Tests cliniques

Les tests cliniques permettent d’évaluer l’aptitude du plongeur à l’égard des expositions antérieures et futures aux variations de la pression atmosphérique et au stress associés à la plongée. Le formulaire de demande de test doit indiquer que le patient est plongeur et que l’examen vise à évaluer son aptitude médicale à plonger. Cela permet au médecin qui fait l’interprétation (p. ex., le radiologiste, l’interniste, le cardiologue ou le pneumologue) de présenter de façon appropriée les résultats du test.

  1. (1) Analyse sanguine
    Un hémogramme complet est effectué à l’examen initial et à chaque examen médical subséquent lié à la plongée. D’autres analyses sanguines (p. ex., test de la drépanocytose) sont effectuées si elles sont cliniquement indiquées
  2. (2) Analyse d’urine
    L’analyse du sang, du glucose et des protéines dans l’urine est effectuée à l’examen initial et à chaque examen médical subséquent lié à la plongée. D’autres analyses d’urine sont effectuées si elles sont cliniquement indiquées.
  3. (3) Examens fonctionnels respiratoires
    Des examens fonctionnels respiratoires sont effectués à l’examen initial, puis périodiquement s’ils sont cliniquement indiqués. Ils comprennent les tests suivants : CVF, VEMS, rapport VEMS/CVF DME 25-75 % ou autre mesure équivalente du débit permettant de détecter les dysfonctions faibles des voies respiratoires ou le trappage. Une attention particulière est portée aux mesures du débit lorsque le volume est faible ou moyen. Une valeur correspondant à moins de 75 % de celle prévue n’entraîne pas nécessairement l’interdiction, mais exige des examens fonctionnels respiratoires détaillés et une consultation de pneumologie et possiblement un test de provocation à la méthacholine.
  4. (4) Radiographies du thorax
    Les radiographies du thorax comprennent la radiographie en postéro-antérieur pleine taille (inspiration et expiration) et en latéral. Elles sont effectuées à l’examen initial et périodiquement si elles sont cliniquement indiquées.
  5. (5) Électrocardiogramme (avec tests de tolérance à l’effort)
    Un électrocardiogramme (ECG) est effectué selon l’âge du plongeur, comme suit :
    1. (a) moins de 40 ans – ECG de repos initial à 12 dérivations;
    2. (b) à 40 ans – ECG d’effort standard;
    3. (c) plus de 40 ans – ECG de repos exigé tous les deux ans jusqu’à l’âge de 50 ans
    4. (d) 50 ans et plus – ECG d’effort standard exigé tous les ans.
    D’autres ECG sont effectué s’ils sont cliniquement indiqués.
  6. (6) Audiogramme tonal
    Un audiogramme tonal est effectué pour les deux oreilles, de 250 à 8 000 Hz inclusivement, au moins 12 heures après toute exposition à un bruit intense. L’audiogramme est effectué à l’examen initial, puis tous les deux ans. D’autres audiogrammes sont effectués s’ils sont cliniquement indiqués (p. ex., après un barotraumatisme).

7. Détermination de l’aptitude

Lorsqu’il décide si le plongeur est apte à plonger, apte à plonger avec restrictions ou inapte à plonger, le médecin qui l’examine tient compte notamment de ce qui suit :

  1. L’âge.
  2. La condition physique.
  3. Les médicaments et les maladies sous-jacentes.
  4. Le tabagisme.
  5. Les handicaps et les pertes fonctionnelles.
  6. Les infections et l’immunité altérée.
  7. L’obésité.
  8. La santé mentale.
    • Les contre-indications liées à la plongée peuvent comprendre la schizophrénie, le trouble affectif bipolaire, la dépression récurrente, les troubles asymptomatiques en raison d’un traitement, l’agoraphobie et la claustrophobie.
  9. L’abus d’alcool, de drogue ou d’autres substances.
  10. Le système respiratoire, y compris l’asthme.
    • Les contre-indications liées à la plongée comprennent la sarcoïdose active, la fibrose kystique touchant les poumons et la maladie fibreuse des poumons.
  11. Le système cardiovasculaire, y compris : la cardiopathie ischémique, la dysrythmie, le stimulateur cardiaque, le foramen ovale patent, la cardiopathie valvulaire, la tension artérielle et la circulation périphérique.
    • Les contre-indications liées à la plongée comprennent la cardiopathie ischémique, le pontage coronarien conventionnel, la dysrythmie pouvant causer une incapacité dans l’eau, la communication interauriculaire ou interventriculaire, la sténose aortique ou mitrale, la coarctation, les varices associées à une déficience circulatoire et les maladies associées à un trouble de perfusion d’organe.
  12. Le système nerveux central.
    • Les contre-indications liées à la plongée comprennent l’évanouissement récurrent sans motif et d’étiologie inconnue, la syncope récurrente, l’épilepsie (sauf si 10 sans traitement ni médicament se sont écoulés, avec l’approbation d’un expert), les maladies neurologiques comme l’accident vasculaire cérébral, la sclérose en plaques ou la maladie de Parkinson, le mal de mouvement aigu et la migraine aiguë, particulièrement avec aura complexe et somnolence diurne excessive.
  13. Le système musculo-squelettique.
  14. Les yeux, le nez et la gorge.
    • Les contre-indications liées à la plongée comprennent le barotraumatisme de l’oreille moyenne jusqu’à la réabsorption de tout fluide de l’oreille moyenne, toutes les infections actives du conduit auditif et de l’oreille moyenne jusqu’à leur résolution, la stapédectomie antérieure, la maladie de Ménière et les autres troubles liés au vertige, la laryngocèle jusqu’à sa correction, toute maladie causant une déficience du larynx et la présence d’une trachéostomie.
  15. La vision.
  16. La santé dentaire.
  17. Le système endocrinien (y compris le diabète et les maladies de la thyroïde).
    • Les contre-indications liées à la plongée comprennent l’utilisation d’un substitut du cortisol, la présence ou le développement de complications du diabète et la maladie thyroïdienne macroscopique.
  18. Le système génito-urinaire.
  19. Le système gastro-intestinal.
    • Les contre-indications liées à la plongée comprennent les maladies inflammatoires de l’intestin, la pathologie de la vésicule biliaire et la pancréatite.
  20. La peau.
    • Les contre-indications liées à la plongée comprennent toute maladie qui peut nuire à la thermorégulation et les maladies exfoliatives aiguës.
  21. L’hématologie.
    • • Les contre-indications liées à la plongée comprennent la drépanocytose ainsi que les autres troubles liés aux drépanocytes, y compris la bêta-thalassémie et la thalassémie majeure.

Restriction médicale temporaire

Certains états médicaux peuvent être aggravés par l’exposition à la pression. Lorsqu’ils sont présents, l’exposition à la pression doit être limitée temporairement jusqu’à leur résolution. Ils comprennent notamment :

  1. (a) les infections des voies respiratoires supérieures (y compris l’otite moyenne et la sinusite);
  2. (b) les infections des voies respiratoires inférieures;
  3. (c) le barotraumatisme;
  4. (d) le mal de décompression;
  5. (e) les plaies ou les lésions physiques (jusqu’à la guérison ou jusqu’à la résolution);
  6. (f) les chirurgies (jusqu’à la guérison et jusqu’au rétablissement de la condition physique);
  7. (g) la grossesse;
  8. (h) les lésions crâniennes mineures;
  9. (i) les infections aiguës ou chroniques de la peau.

8. Certificat d’aptitude

Le certificat d’aptitude délivré au plongeur indique :

  1. (a) que le plongeur est apte, apte avec restrictions ou inapte à plonger;
  2. (b) que l’examen médical a été effectué conformément aux Règles relatives à l’examen médical des plongeurs datées d’octobre 2013;
  3. (c) la date de l’examen;
  4. (d) la date du prochain examen obligatoire, selon ce qui suit :
    • i. tous les deux ans si le plongeur a moins de 40 ans,
    • ii. tous les ans si le plongeur a 40 ans ou plus,
    • iii. plus fréquemment si le médecin qui examine le plongeur le recommande;
  5. (e) le nom, l’adresse et la signature du médecin.

Dispositions non obligatoires des Règles

Si le médecin qui fait l’examen l’estime souhaitable, d’autres tests, y compris des tests psychométriques et des examens psychiatriques, peuvent être effectués.

L’imagerie des os longs peut être indiquée si l’on soupçonne une ostéonécrose dysbarique.

[1] L’annexe F de la norme CSAZ275.2-11(Règles de sécurité pour les travailleurs en plongée) peut servir de questionnaire de dépistage.

ISBN 978-1-4606-3677-0 (HTML)

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