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6. Les mesures et pratiques préconisées pour tout travail lié au plomb

  • Diffusion : septembre 2004
  • Dernière mise à jour : avril 2011

Avis de non-responsabilité : Cette ressource a été créée pour aider les parties des lieux de travail à comprendre certaines des obligations que leur imposent la Loi sur la santé et la sécurité au travail, et les règlements qui y sont associés. Il ne se veut pas un avis juridique et ne vise pas à remplacer la Loi sur la santé et la sécurité au travail et les règlements qui y sont associés. Pour obtenir de plus amples renseignements, voir l'avis de non-responsabilité intégral.

Lorsqu'un travail entraîne une éventuelle exposition au plomb, l'adoption de certaines mesures et pratiques s'impose. La nature exacte de ces mesures et pratiques variera suivant la catégorie dans laquelle s'inscrivent la ou les tâches à accomplir. Cette partie des directives esquisse d'abord les mesures et pratiques générales préconisées pour tout travail lié au plomb, puis donne des recommandations plus précises en rapport avec les tâches de catégories 1, 2 et 3.

6.1 Les mesures et pratiques générales relatives aux tâches de catégories 1, 2 et 3

Voici une liste de mesures et de pratiques générales qu'il y a lieu d'adopter pour tout travail lié au plomb :

  • prévoir des installations sanitaires comprenant un lavabo, de l'eau, du savon et des serviettes et recommander aux travailleuses et aux travailleurs de s'en servir avant de manger, de boire, de fumer ou de quitter le chantier;
  • interdire aux travailleuses et aux travailleurs de manger, boire, mâcher de la gomme ou fumer dans l'aire de travail;
  • utiliser des toiles de protection sous tout endroit où s'effectue une tâche susceptible d'engendrer de la poussière de plomb ou encore des éclats ou des débris contenant du plomb;
  • nettoyer et enlever la poussière et les déchets à l'aide d'un aspirateur équipé d'un filtre HEPA;
  • procéder à un nettoyage à la fin chaque tâche, afin d'éviter la contamination par le plomb et l'exposition au plomb;
  • enlever la poussière et les déchets de l'aire de travail à intervalles réguliers et les placer dans un réceptacle à la fois :
    • étanche à la poussière;
    • clairement marqué comme contenant des déchets de plomb;
    • nettoyé à l'aide d'un chiffon humide ou d'un aspirateur équipé d'un filtre HEPA immédiatement avant son enlèvement de l'aire de travail;
    • enlevé du lieu de travail fréquemment et à intervalles réguliers;
  • vérifier une fois par jour au moins la propreté de l'aire de travail;
  • éviter tout balayage à sec et tout nettoyage à l'air comprimé pour éliminer de la poussière ou des déchets contenant du plomb de l'aire de travail ou des vêtements des travailleuses et des travailleurs.

6.2 Les mesures et pratiques préconisées pour les tâches de catégorie 1

Si les pratiques générales énoncées ci-dessus sont appliquées, aucun appareil respiratoire ne devrait être nécessaire. Il s'agit toutefois de fournir un demi-masque respiratoire équipé d'un filtre à particules de série N, R ou P à 95, 99 ou 100 % d'efficacité à toute travailleuse ou tout travailleur qui demande à utiliser un respirateur.

6.3 Les mesures et pratiques préconisées pour les tâches de catégorie 2

La préparation de l'aire de travail

Partout où doivent se dérouler des tâches de catégorie 2, l'employeur veillera à afficher des avertissements en nombre suffisant pour alerter son personnel aux dangers associés à l'exposition au plomb. Il devrait au minimum y avoir une pancarte de ce genre à chaque entrée de l'aire de travail. Ces pancartes doivent pour le moins rappeler, en grosses lettres bien lisibles, que :

  1. l'aire de travail crée un risque d'exposition à de la poussière, de la vapeur ou du brouillard contenant du plomb;
  2. l'accès à l'aire de travail est réservé aux personnes autorisées;
  3. le port d'appareils respiratoires est obligatoire dans cette aire de travail.

Le port de vêtements protecteurs et d'un équipement de protection

Il est recommandé que toute travailleuse et tout travailleur qui pénètre dans l'aire de travail porte des vêtements protecteurs et un équipement de protection appropriés, tel que prévus à la section 4.3.

Les personnes qui circulent dans une aire de travail où l'on pulvérise des peintures ou des revêtements contenant du plomb ont intérêt à porter soit un appareil respiratoire purificateur d'air à ventilation assistée muni d'une cagoule ou d'un casque et d'un filtre à haute efficacité, soit un appareil respiratoire à adduction d'air à débit constant muni d'une cagoule ou d'un casque.

Pour toutes les autres tâches de catégorie 2, un demi-masque respiratoire équipé d'un filtre à particules de série N, R ou P à 95, 99 ou 100 % d'efficacité devrait suffire.

6.4 Les mesures et pratiques préconisées pour les tâches de catégorie 3

6.4.1 La préparation de l'aire de travail

Partout où doivent se dérouler des tâches de catégorie 3, l'employeur veillera à afficher des avertissements en nombre suffisant pour alerter son personnel aux dangers associés à l'exposition au plomb. Il devrait au minimum y avoir une pancarte de ce genre à chaque entrée de l'aire de travail. Ces pancartes doivent pour le moins rappeler, en grosses lettres bien lisibles, que :

  1. l'aire de travail crée un risque d'exposition à de la poussière, de la vapeur ou du brouillard contenant du plomb;
  2. l'accès à l'aire de travail est réservé aux personnes autorisées;
  3. le port d'appareils respiratoires est obligatoire dans cette aire de travail.

6.4.2 Les barrières et les espaces partiellement ou entièrement clos

Les barrières et les espaces partiellement, voire entièrement, clos permettent de séparer une aire de travail du reste d'un chantier et, dans certains cas, d'empêcher l'exposition au plomb des autres travailleuses et travailleurs qui ne participent pas directement à la tâche liée au plomb. Le recours à des espaces entièrement ou partiellement clos peut aussi prévenir ou réduire la dispersion du plomb dans l'aire de travail alentour et dans l'environnement. La pose de barrières est une solution à n'envisager que s'il n'est pas possible d'aménager un espace entièrement ou partiellement clos.

Les barrières

Les cordons ou barrières n'empêchent pas la poussière chargée de plomb ni d'autres contaminants de se répandre dans l'environnement. Leur utilité consiste à limiter l'accès à l'aire de travail par les personnes autres que celles qui sont protégées comme il se doit par un équipement de protection individuelle et qui participent directement à la tâche liée au plomb. Il s'agit de placer les cordons ou barrières aussi loin de l'endroit où la tâche se déroule que nécessaire pour qu'il n'y ait plus de poussière chargée de plomb en suspension dans l'air au-delà de la limite ainsi démarquée. Faute de pouvoir procéder de la sorte, il s'agit de placer des pancartes d'avertissement à la distance où la poussière cesse d'être en suspension dans l'air et se dépose, à l'effet que l'accès à l'aire de travail est réservé aux personnes portant un équipement de protection individuelle. Dans le cas de tâches telles que le découpage et l'enlèvement de mortier, il s'agit de placer des cordons ou barrières à 10 mètres de distance minimum, par exemple. Les travailleuses et travailleurs circulant à l'intérieur de l'aire ainsi délimitée doivent toujours porter un équipement de protection adéquat.

Les espaces partiellement clos

Les espaces qui ne sont que partiellement clos laissent passer une certaine quantité d'émissions dans l'atmosphère à l'extérieur. Un espace partiellement clos peut être aménagé à l'aide de bâches verticales et horizontales comme pans d'isolation, en autant que leurs bordures se chevauchent et soient solidement attachées. Lorsqu'une tâche engendre une quantité importante de poussière, le recours à un espace partiellement clos pour tenter de la confiner est déconseillé.

Les espaces entièrement clos

Les espaces entièrement clos sont aménagés grâce à des bâches généralement imperméables, avec des ouvertures et des fixations des pans d'isolation parfaitement étanches. Les espaces entièrement clos ne laissent passer qu'une quantité minime d'émissions de poussière fugitive vers l'extérieur, voire aucune. Il est recommandé que les espaces clos répondent aux critères ci-après :

  • l'espace est isolé à l'aide de matériaux qui résistent au vent et qui sont imperméables à la poussière
  • l'espace clos est soutenu par une charpente solide;
  • toutes les fixations des pans d'isolation sont parfaitement étanches;
  • les entrées de l'espace clos sont des sas recouverts de bâches se superposant partiellement ou munis de portes;
  • l'échappement d'abrasifs et de débris est prévenue, aux points d'adduction d'air neuf, au moyen de déflecteurs, de louvres, de clapets et de filtres;
  • une ventilation mécanique générale est prévue pour éliminer l'air contaminé de l'espace clos et le remplacer par de l'air neuf;
  • les appareils utilisés pour la ventilation sont équipés de filtres garantissant une qualité de l'air conforme aux normes environnementales en vigueur dans la province;
  • la vélocité de l'air à l'intérieur de l'espace clos crée pour chaque personne qui exécute des tâches de décapage par projection d'abrasifs un courant d'air horizontal ou descendant équivalent au minimum à :
    • une vélocité de 0,5 m/seconde (100 pieds/minute) pour le courant d'air horizontal;
    • une vélocité de 0,25 m/seconde (50 pieds/minute) pour le courant d'air descendant.
Les tâches accomplies dedans
  • Pour les tâches de catégorie 3a accomplies dedans, il y a lieu de prévoir des barrières ou encore des espaces partiellement ou entièrement clos.
  • Pour les tâches de catégorie 3b accomplies dedans (décapage par projection d'abrasifs, recours à un dispositif d'atomisation pneumatique pour déloger et enlever de la poussière contenant du plomb), il y a lieu de prévoir un espace entièrement clos.
Les tâches accomplies dehors
  • Pour les tâches de catégorie 3a et 3b accomplies dehors, il y a lieu de prévoir des barrières ou encore des espaces partiellement ou entièrement clos.
  • Pour les tâches de décapage au sec par projection d'abrasifs accomplies dehors, il y a lieu de prévoir un espace entièrement clos.

6.4.3 Les installations de décontamination

Il y a lieu de mettre des installations de décontamination à la disposition des personnes chargées des tâches de catégorie 3 ci-après :

Tâches de catégorie 3a

  • l'enlèvement de revêtements et de matériaux contenant du plomb à l'aide d'outils électriques, en l'absence d'un système efficace pour recueillir la poussière équipé d'un filtre HEPA;
  • la démolition ou le nettoyage de locaux ayant servi à la fabrication de produits contenant du plomb.

Tâches de catégorie 3b

  • le décapage par projection d'abrasifs de revêtements ou matériaux contenant du plomb;
  • le recours à un dispositif d'atomisation pneumatique pour déloger et enlever de la poussière contenant du plomb.

Les installations de décontamination, situées le plus près possible de l'aire de travail, devraient comporter :

  • une pièce prévue comme vestiaire où les travailleuses et les travailleurs peuvent se changer et mettre leurs vêtements protecteurs et comme endroit où entreposer les vêtements et l'équipement contaminés;
  • une salle de douches telle que décrite ci-dessous;
  • une pièce prévue comme vestiaire où les travailleuses et les travailleurs peuvent se changer et remettre leurs vêtements de ville et comme endroit où entreposer les vêtements propres.

Les différentes pièces formant les installations de décontamination seront de préférence aménagées en enfilade et construites de manière à empêcher la dissémination de la poussière de plomb.

La salle de douches prévue parmi les installations de décontamination devrait être équipée des éléments suivants :

  • de l'eau chaude et froide, ou de l'eau à une température constante d'au moins 40o Celsius et d'au plus 50o Celsius;
  • des robinets individuels permettant de varier le débit de l'eau et, s'il y a une alimentation en eau chaude et en eau froide, sa température;
  • une alimentation en eau chaude suffisante pour maintenir la température de l'eau à un minimum de 40o Celsius;
  • des serviettes propres.

Les installations de décontamination, s'il y en a, sont inspectées par une personne qualifiée avant chaque quart, afin de vérifier qu'elles ne présentent aucun défaut qui permettrait à de la poussière chargée de plomb de s'échapper. Les réparations nécessaires, le cas échéant, sont faites avant que les installations ne soient utilisées de nouveau. Les installations de décontamination sont obligatoirement maintenues en parfait état de propreté.

Il est recommandé aux personnes qui utilisent les installations de décontamination de procéder dans l'ordre suivant :

  • décontaminer, à l'aide d'un chiffon humide ou d'un aspirateur à filtre HEPA, les vêtements protecteurs qui seront réutilisés sur place;
  • retirer les vêtements protecteurs ainsi décontaminés;
  • placer les vêtements protecteurs qui ne seront pas réutilisés sur place dans un réceptacle approprié à la collecte de poussières et de déchets contenant du plomb;
  • prendre une douche sans retirer l'appareil respiratoire;
  • retirer et nettoyer l'appareil respiratoire.

6.4.4 Les mesures de dépoussiérage

Ventilation mécanique générale et locale

Une ventilation mécanique générale est à prévoir pour les aires de travail situées dans un espace clos. Il convient de faire en sorte que l'air évacué d'un tel espace clos passe au travers d'un collecteur de poussières efficace pour capter les particules de la dimension qu'engendre la tâche effectuée dans l'espace clos, de même qu'au volume et à la vélocité de l'air qui circule dans cet espace.

Une ventilation mécanique locale est à prévoir là où sont accomplies des tâches génératrices de poussière, afin d'éliminer celle-ci à la source. Le recours à une ventilation mécanique locale est fortement recommandé en cas de brûlage, de soudage ou de coupage à haute température de revêtements ou de matériaux contenant du plomb, de même que pour l'enlèvement de revêtements ou de matériaux contenant du plomb à l'aide d'outils électriques. Tout dispositif de ventilation mécanique locale devrait répondre aux critères suivants :

  • la vélocité de l'air où que ce soit à l'ouverture de la hotte du ventilateur ou en avant de celle-ci devrait être suffisante pour contrer les courants d'air opposés et capter l'air vicié en le faisant circuler par la hotte du ventilateur;
  • la vélocité de l'air à la source de la poussière, de la vapeur ou du brouillard de plomb devrait être d'au moins 0,5 mètre par seconde (100 pieds/minute);
  • il convient de veiller à ce que l'air rejeté par l'installation de ventilation passe par un filtre HEPA et que sa décharge hors du lieu de travail se fasse de manière à empêcher tout retour des contaminants.

Si la ventilation locale n'est pas faisable, la solution est d'utiliser des appareils respiratoires adéquats (voir le tableau 1). La décision selon laquelle une installation de ventilation n'est pas faisable devrait toutefois être prise en consultation avec le comité mixte sur la santé et la sécurité au travail ou encore avec la personne déléguée à la santé et à la sécurité, là ou un tel poste existe, en tenant compte à la fois :

  • de tout préjudice injustifié que subirait l'employeur sur le plan financier, le cas échéant, s'il devait installer une ventilation par aspiration à la source;
  • de la durée de la tâche et de sa fréquence;
  • de tout risque potentiel pour les travailleuses et les travailleurs qu'entraînerait le défaut d'installer un système de ventilation locale.

Le recours au mouillage

Il convient d'incorporer le mouillage aux différentes tâches qui engendrent de la poussière chargée de plomb, de sorte à réduire celle-ci. Il peut par exemple s'agir du mouillage des surfaces ou encore le ponçage ou le pelletage de substances mouillées.

Le mouillage n'est pas indiqué s'il risque de créer un danger ou d'endommager l'équipement ou le chantier. Les outils électriques sont de préférence munis d'un blindage, en tout temps aligné avec la surface traitée.

6.4.5 L'équipement de protection individuelle

Les vêtements protecteurs

Il convient de veiller à ce que les travailleuses et les travailleurs qui pénètrent dans une aire de travail où s'accomplit une tâche de catégorie 3 portent des vêtements protecteurs (voir « Les vêtements protecteurs » à la section 4.3).

Les appareils respiratoires

Les personnes qui effectuent la plupart des tâches de catégorie 3 ont intérêt à porter soit un respirateur offrant un facteur de protection APF du NIOSH de 50 (voir les exigences en matière de respirateur au tableau 1). Toute personne chargée d'un décapage par projection d'abrasifs devrait porter un appareil respiratoire pour projection abrasive de type CE selon les normes du NIOSH, utilisé en mode de pression positive ou de pression à la demande, équipé d'un demi-masque ou d'un masque serré.

Il est recommandé que l'air comprimé employé pour alimenter les appareils respiratoires soit conforme aux exigences de pureté établies dans la norme CAN/CSA Z180.1-F00. (Visionnement des normes de la CSA) En cas de recours à un compresseur lubrifié à l'huile pour l'adduction de l'air respirable, il s'agit d'y associer un dispositif de détection continue de monoxyde de carbone.

6.4.6 Le nettoyage

Il importe de nettoyer et d'enlever la poussière et les déchets à l'aide d'un aspirateur équipé d'un filtre HEPA, d'un balai-serpillière ou encore, après avoir mouillé les déchets, à l'aide d'une pelle, voire au moyen de plusieurs de ces méthodes. Il s'agit de promouvoir un tel nettoyage après l'accomplissement de chaque tâche, afin de prévenir la contamination par le plomb et l'exposition au plomb.

Le nettoyage et l'enlèvement de la poussière et des déchets contenant du plomb devrait avoir lieu à la fin de toute activité de décapage par projection d'abrasifs.

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ISBN 978-1-4435-6229-4 (HTML)
ISBN 978-1-4435-6228-7 (Version imprimé)

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