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Prévention des douleurs et blessures au travail! C’est le temps d’agir!

  • Diffusion : janvier 2006
  • Révision : décembre 2009
  • Dernière mise à jour : décembre 2009

De quoi s’agit-il ?

Les douleurs et les blessures liées à un manque d’ergonomie au travail sont également appelées des troubles musculo-squelettiques (TMS), des microtraumatismes répétés et des troubles consécutifs aux traumas cumulatifs. Ces types de blessures affectent les muscles, les tendons, les ligaments et les nerfs.

Les TMS apparaissent à la suite de mouvements répétitifs, contraignants ou incommodes qui agissent sur les os, les articulations, les ligaments et les tissus mous. Les travailleurs peuvent éprouver des symptômes comme de l’inconfort, de la douleur, un engourdissement, des picotements, une faiblesse et des mouvements restreints.

Les TMS ne sont pas un diagnostic médical. Il s’agit d’un terme générique regroupant plusieurs blessures. En voici des exemples :

  • maux de dos (lombalgie, etc.)
  • élongation d’un muscle
  • tendinite
  • syndrome du canal carpien (SCC)
  • rupture de la coiffe des rotateurs
  • épicondylite latérale
  • douleur à l’épaule (myalgie de l’épaule)

Les travailleurs sont plus sujets à souffrir d’un TMS s’ils effectuent un travail avec des facteurs de risque liés aux TMS qui comportent des mouvements répétitifs, des efforts contraignants et des postures fixes ou incommodes.

En quoi les douleurs et blessures au travail me concernent-elles?

Les douleurs et blessures au travail peuvent être graves et invalidantes et causer de la douleur et des souffrances, à différents degrés, allant du simple l’inconfort à l’invalidité grave pour les travailleurs de l’Ontario. Les conséquences sont lourdes et peuvent se répercuter sur chaque aspect de la vie d’un travailleur.

Les TMS sont également coûteux pour les employeurs de l’Ontario. Il s’agit de la raison principale des demandes d’indemnisation pour un arrêt de travail déposées à la Commission de la sécurité professionnelle et de l’assurance contre les accidents du travail (CSPAAT), entraînant des coûts directs et indirects considérables pour les employeurs de l’Ontario.

De 2003 à 2007, le système d’indemnisation des travailleurs de l’Ontario a approuvé plus de 187 000 demandes d'indemnisation pour des troubles musculo-squelettiques ayant entraîné un arrêt de travail. Cela équivaut à environ à 37 500 demandes d’indemnisation pour des TMS par an. Ces demandes d'indemnisation se sont traduites par plus de deux millions et demi de jours d'absence et par des coûts directs pour les employeurs de plus de 314 millions de dollars.

On estime qu’entre 2003 et 2007, les employeurs de l’Ontario ont versé plus d’un milliard de dollars en coûts directs et indirects liés aux TMS. Parmi des exemples de coûts directs, mentionnons les heures supplémentaires, les modifications du matériel, l’administration, le recyclage des travailleurs et la productivité perdue.

Les douleurs et blessures au travail peuvent être prévenues

Il existe un lien étroit entre l’exposition aux facteurs de risque liés au travail pour les TMS et l’apparition de ces troubles.

Ces blessures peuvent être prévenues. Le fait de prendre les dispositions nécessaires pour éliminer ou réduire l’exposition aux facteurs de risque liés au travail réduira au minimum le risque de souffrir de TMS au travail.

La prévention des TMS peut être simple et peu coûteuse. Souvent, des changements élémentaires suffisent pour réduire considérablement les risques.

La prévention rapporte

Comme pratiquement tous les aspects de la santé et de la sécurité, il est moins coûteux de prévenir une blessure que d’apporter des changements et des mesures correctives après qu’elle a eu lieu. N’attendez pas que survienne un TMS. Le fait de prendre maintenant des mesures proactives pour réduire l’exposition des travailleurs aux facteurs de risque liés aux TMS sera rentable dans l’avenir.

Il a été démontré qu’un programme de prévention des TMS comportait de nombreux avantages :

  • des travailleurs en bonne santé, travaillant confortablement et avec efficacité
  • une baisse des demandes d'indemnisation pour des blessures occasionnant un arrêt de travail déposées à la CSPAAT, et des coûts directs et indirects qu'elles entraînent
  • une capacité améliorée de réintégrer les travailleurs au travail après une blessure
  • des tâches moins ardues et plus simples facilitent la formation et le placement des travailleurs
  • une capacité améliorée de fidéliser des travailleurs expérimentés, compétents et qualifiés
  • la satisfaction accrue et l’amélioration du mieux-être des employés ayant un bon moral
  • une réduction des coûts d'administration liés à la gestion des demandes d'indemnisation et aux enquêtes
  • une meilleure qualité, une productivité accrue et des profits plus élevés

Mesures de prévention pour les employeurs

Nonobstant le fait que les travailleurs ont déclaré ou non des symptômes de TMS ou qu’ils ont déposé ou non des demandes d’indemnisation à la CSPAAT, la prévention des TMS doit constituer une partie essentielle d’un programme de santé et sécurité au travail. On devrait tenir compte des facteurs de risque liés aux TMS comme de tout autre danger que comporte le milieu de travail. Les employeurs devraient :

  • conseiller et former les travailleurs sur les facteurs de risque liés aux TMS pour leur travail et en milieu de travail
  • •inciter les travailleurs à participer au programme de santé et sécurité en déclarant de façon hâtive les symptômes ou problèmes liés aux TMS
  • •déterminer et évaluer les facteurs de risque des TMS liés à l’emploi
  • mettre en place des mesures de contrôle afin de réduire l’exposition des travailleurs aux facteurs de risque liés aux TMS
  • effectuer un suivi afin de s’assurer que les mesures de prévention sont efficaces

Les douleurs et blessures au travail et la loi

La Loi sur la santé et la sécurité au travail (LSST) exige des employeurs de s’assurer que les travailleurs sont conscients des dangers associés à l’emploi et au milieu de travail, et que des mesures de contrôle sont mises en place afin de réduire le risque de blessure qu’occasionnent ces dangers. Les facteurs de risque liés aux TMS au travail doivent être traités de la même manière que tout autre danger que comporte le milieu de travail.

Attention!

Le ministère du Travail veille à l’application de la législation du travail de l’Ontario, notamment la Loi sur la santé et la sécurité au travail (LSST). Lors de visites sur les lieux de travail, les inspecteurs du Ministère poseront des questions à propos des mesures que votre organisation a prises afin de prévenir l’apparition de TMS chez les travailleurs.

La stratégie de conformité Sécurité au travail Ontario du ministère du Travail porte tout particulièrement sur l’accroissement du nombre d’inspections proactives effectuées par les ergonomes du Ministère. En outre, des contrôles ciblés annuels sur les TMS intensifieront l’application de la loi concernant les risques de TMS.

Pour obtenir de plus amples renseignements à ce sujet

Pour obtenir de plus amples renseignements sur la façon d’élaborer et de mettre en place un programme de prévention des TMS, veuillez communiquer avec votre association de santé et sécurité.

Des consultants sont également disponibles afin d’aider les organisations à mettre en place un programme de prévention des TMS. Un annuaire des consultants se trouve dans le site Web de l’Association canadienne d’ergonomie au lien suivant : Annuaire des consultants de l’ACE (en anglais seulement).

Squelette soulevant une boîte avec soin tout en gardant le dos droit.

Faits sur les TMS

Les TMS représentent :

  • 43 % cent de toutes les demandes d’indemnisation pour un arrêt de travail
  • 43 % cent de tous les coûts liés aux demandes d’indemnisation pour un arrêt de travail
  • 46 % cent de tous les jours d’absence

Signes d’avertissement de TMS

  1. Les travailleurs modifient eux-mêmes leurs outils ou leur poste de travail.
  2. Les travailleurs portent des attelles ou des supports.
  3. Les travailleurs se massent les muscles ou les articulations, ou secouent des membres.
  4. Les travailleurs parlent entre eux de douleurs, de positions inconfortables ou de fatigue, ou s’en plaignent à leur superviseur.
  5. Les travailleurs évitent certaines tâches parce qu’elles leur font mal.

Vos yeux et vos oreilles sont vos meilleurs outils vous permettant de cerner les risques liés aux TMS.

Dans de nombreux cas, il est facile de déceler les risques liés aux TMS dans votre milieu de travail. Voici certains éléments à considérer :

  1. Les tâches qui nécessitent de tenir les coudes plus haut que les épaules ou les mains derrière le corps.
  2. Les tâches qui nécessitent souvent de pencher la tête ou de tourner la nuque.
  3. Les tâches qui nécessitent d'empoigner et de tenir souvent ou longtemps des objets, ou de tourner souvent les poignets.
  4. Les tâches qui nécessitent de soulever souvent des choses qui se trouvent plus bas que les genoux ou plus haut que les épaules.
  5. Les tâches qui nécessitent de courber le tronc ou de tourner souvent la taille.
  6. Les tâches qui nécessitent de transporter, de lever, de pousser ou de tirer des choses lourdes ou incommodes.
  7. Les tâches qui nécessitent de garder longtemps une partie du corps dans la même position, sans bouger.

Consulter les travailleurs et écouter leurs préoccupations est essentiel lorsqu’il s’agit de la prévention des TMS au travail.

Les travailleurs connaissent leur travail et savent quelles tâches de leur travail leur causent de la douleur, de l’inconfort ou de la fatigue et de la frustration. C’est pourquoi il est important de consulter vos travailleurs lors du processus d’identification, d’évaluation et de contrôle des facteurs de risque liés aux TMS au travail.

Il est démontré qu’une approche axée sur la participation est efficace, car elle permet aux travailleurs de suggérer des solutions novatrices, pratiques et peu coûteuses.