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Conclusions du comité

  • Diffusion : septembre 2005
  • Dernière mise à jour : juin 2009

Survol de la prévention des troubles musculo-squelettiques

Une perspective ergonomique

La prévention des TMS exige une approche à multiples facettes. Le Sous-comité croit que l'application de l'ergonomie dans le lieu de travail est au cour même des efforts de réduction des TMS liés au travail et ce, dans tous les secteurs, y compris les établissements industriels, le secteur minier et les soins de santé.

Les parties en présence sur les lieux de travail doivent cerner les risques de TMSà un stade précoce pour être en mesure de mettre en ouvre des stratégies efficaces de prévention. Il est important que la haute direction prône une culture de santé et sécurité au travail pour donner l'exemple et instiller une approche positive. Une bonne santé et une bonne sécurité au travail augmentent le chiffre d'affaires. Autre aspect majeur de la prévention : la participation des concepteurs et fabricants des outils, du matériel et des processus de travail qui seront utilisés dans le lieu de travail.

Le Sous-comité d'ergonomie encourage et soutient l'intégration de la gestion efficace des handicaps au sein des systèmes de santé et sécurité. L'ergonomie devrait jouer un rôle clé dans le processus de retour au travail.

Le système de santé et sécurité

Le Sous-comité d'ergonomie soutient, d'une façon générale, les initiatives exposées dans le document de l' OHSCO intitulé « Prevention Strategy for Musculoskeletal Disorders (MSD) in Ontario ». La participation des intervenants est fondamentale.

Chaque intervenant a un rôle à jouer dans la prévention des TMS : le ministère du Travail établit et communique des normes en matière de santé et sécurité au travail et veille à leur respect; la Commission de la sécurité professionnelle et de l'assurance contre les accidents du travail informe, promeut et encourage la santé et la sécurité au travail et une culture de la prévention; et les associations de santé et sécurité élaborent des programmes de formation, des produits et des services destinés aux employeurs et travailleurs de l'Ontario.

I. Recherche et transfert de connaissances

L'application et la dissémination de résultats de recherche au sein de l'industrie sont indispensables à l'augmentation de la connaissance des enjeux liés à l'ergonomie et aux efforts de réduction des TMS. Des organismes de recherche tels que l'Institut de recherche sur le travail et la santé et CRE-MSD sont en mesure de fournir des renseignements provenant de la recherche qui serviront à réduire les TMS liés au travail en Ontario. Le financement de la recherche liée à la prévention des TMS provient du comité consultatif de la recherche de la Commission de la sécurité professionnelle et de l'assurance contre les accidents du travail et d'autres organismes.

Le Sous-comité d'ergonomie soutient :

  • la définition de troubles musculo-squelettiques (TMS) proposée par l'OHSCO et l'utilisation de codes de demandes d'indemnisation communs pour analyser et suivre les TMS; les intervenants doivent être consultés pour peaufiner le processus;
  • un dialogue continu à l'échelle du Canada et à l'échelle internationale entre ergonomes, spécialistes de la santé et de la sécurité, et intervenants, sur le développement et la coordination de la recherche liée aux TMS, et le partage de meilleures pratiques;
  • une approche établissant un équilibre entre la recherche appliquée et la recherche pure.

Le Sous-comité d'ergonomie recommande :

  • l'utilisation uniformisée de systèmes de classification des blessures et maladies aux fins de l'analyse et du suivi des TMS en Ontario, aussi bien pour les partenaires du système que pour les intervenants (y compris les employeurs, les travailleurs et le milieu de la recherche);
  • le maintien du financement pour les recherches entreprises par les organismes, tels que l'Institut de recherche sur le travail et la santé et CRE-MSD, sur la prévention des TMS et les soutiens.

II. Éducation, sensibilisation et meilleures pratiques

L'éducation englobe les activités visant à augmenter le niveau de connaissance et de sensibilisation par le biais d'une formation à l'attention des parties en présence sur les lieux de travail, dont les employeurs, les superviseurs, les travailleurs, les étudiants et les apprentis, les délégués à la santé et à la sécurité et les membres du Comité conjoint de la santé et de la sécurité au travail. Les activités de sensibilisation consistent en la diffusion de connaissances par le biais de personnes-ressources dans les lieux de travail, des publications imprimées et des campagnes d'information. Les meilleures pratiques regroupent des exemples précis de mise en ouvre réussie de processus et pratiques, d'outils et de méthodes destinés à réduire les facteurs de risque des troubles musculo-squelettiques.

Le Sous-comité d'ergonomie soutient :

  • la stratégie de prévention des TMS élaborée par l' OHSCO dans l'objectif de sensibiliser le public et d'encourager les activités de prévention dans les lieux de travail de l'Ontario. Cette stratégie devrait prévoir un volet transfert des connaissances de sorte que des renseignements sur l'ergonomie soient facilement accessibles dans tous les lieux de travail (p. ex., accès à Internet). Il serait également important de veiller à la coordination des efforts de sensibilisation, comme par exemple les affiches et les annonces, afin de renforcer l'obligation de signaler des lésions liées au travail aux organismes indiqués;
  • l'amélioration de la santé au travail et la dissémination de renseignements sur la santé au travail prônant la prévention des lésions et maladies et liant la santé des travailleurs au chiffre d'affaires. Des programmes de ce genre ont été mis en place par Santé Canada, l'Agence de santé publique du Canada et le Réseau canadien de la santé.

Le Sous-comité d'ergonomie recommande :

  • l'intégration de l'ergonomie dans les programmes éducatifs destinés au milieu des affaires, aux ingénieurs, aux praticiens des soins de santé et aux métiers spécialisés, et l'intégration des principes ergonomiques dans les programmes d'apprentissage destinés aux métiers spécialisés;
  • l'intensification des programmes d'éducation et de formation afin d'étoffer le nombre d'ergonomes qualifiés en Ontario, ce qui agrandira la base de connaissances et de compétences mise à la disposition des lieux de travail de l'Ontario;
  • l'intégration de principes ergonomiques dans les guides d'achat, de conception et de sélection de matériel, d'outils et de processus de travail qui sont mis à la disposition des ingénieurs, des concepteurs, des employeurs et d'autres acteurs des services de conception et de mise en place des lieux de travail;
  • l'accessibilité des renseignements sur les TMS, des activités de sensibilisation et d'éducation aux praticiens des soins de santé, y compris l'Ontario Medical Association (disponible en anglais seulement);
  • la participation accrue des ergonomes de la CSPAAT à la campagne de prévention des TMS dans les lieux de travail, en sus de leur participation actuelle aux processus de retour au travail;
  • la compilation des renseignements affichés sur Internet afin d'y ajouter les meilleures pratiques concernant les TMS et les études de cas, comme par exemple le portail du ministère du Travail et le site Web du Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail;
  • la mise en place d'un inventaire en ligne des services de consultation qualifiés et de formation à l'intention des lieux de travail.

III. Respect des règles et facteurs motivants

Le respect des règles renvoie aux mesures prises par le ministère du Travail pour assurer le respect des exigences de prévention des TMS imposées par le ministère. Les facteurs motivants encouragent les employeurs et les travailleurs à prendre l'ergonomie au sérieux.

Le Sous-comité d'ergonomie soutient :

  • la poursuite du dialogue parmi les intervenants et les partenaires du système (associations de santé et sécurité, ministère du Travail, CSPAAT). Par exemple, la CSPAAT et les intervenants ont entamé une discussion sur les incitatifs à la santé et la sécurité au travail.

Le Sous-comité d'ergonomie recommande :

  • le recrutement, par le ministère du Travail, d'un nombre suffisant de spécialistes de l'ergonomie pour assurer le rôle du ministère dans la prévention des TMS;
  • l'amélioration de la formation dans le domaine de l'ergonomie, dispensée aux inspecteurs du ministère afin de rehausser leur niveau de connaissances et de compétence. Le ministère devrait uniformiser le niveau de formation en ergonomie, ainsi que les instructions que reçoivent les inspecteurs;
  • l'élaboration, par le ministère du Travail, d'une politique et de lignes directrices sur la prévention des troubles musculo-squelettiques (TMS), qui identifieraient les facteurs de risque susceptibles de contribuer au développement des TMS. Une approche axée sur les risques doit être suivie pour évaluer les lieux de travail. Il faudrait également faire participer les intervenants à chaque étape de l'élaboration des documents;
  • la mise au point, par le ministère, d'un processus d'identification, dans la base de données du ministère, des ordonnances rendues par les inspecteurs et les ergonomes qui ont trait à la prévention des TMS, à des fins de suivi;
  • que le ministère mette l'accent sur la réduction des TMS dans les lieux de travail aux résultats faibles dans le cadre de l'initiative des lieux de travail à risques élevés et dans le cadre de l'initiative des lieux de travail qui en sont à leur « dernière chance »;
  • une approche qui établit un équilibre entre les pénalités et les incitatifs basés sur les primes de la CSPAAT;
  • la mise au point d'un système d'aide financière pour les entreprises admissibles, afin d'encourager les entreprises à investir dans les efforts de réduction des troubles musculo-squelettiques.

IV. Normes (y compris réglementation)

Bien qu'un consensus n'ait pas pu être atteint sur une recommandation visant l'élaboration d'un règlement, le Sous-comité a entamé un intense débat sur le bien-fondé d'un règlement, sur ses principes possibles et sur sa portée. C'est pour cette raison que les représentants des syndicats et des employeurs continueront à se réunir dans l'espoir qu'une entente puisse être atteinte sur la totalité ou une partie de ces différents aspects. Un supplément au rapport sera présenté au ministre, sur cette question, d'ici la mi-janvier 2006.

Quelle que soit l'issue de ces prochaines rencontres, le Sous-comité est convaincu que les autres recommandations demeurent une priorité d'action et que leur mise en ouvre ne devrait pas être retardée à cause de l'absence d'une entente sur la question du règlement. La mise en ouvre de ces recommandations est essentielle à la réduction de l'incidence des TMS, qu'un règlement soit élaboré ou non.

Le Sous-comité d'ergonomie soutient :

  • l'intégration des principes économiques dans des normes nationales et internationales et les systèmes de gestion;
  • la prévention des TMS basée sur une approche axée sur les risques, prévoyant suffisamment de souplesse pour permettre la mise en place d'une vaste gamme de lieux de travail et de tâches.

Le Sous-comité d'ergonomie recommande :

  • l'élaboration d'un inventaire des normes et outils ergonomiques existants (p. ex., les lignes directrices sur l'ergonomie de bureau de CSA International, les lignes directrices sur le soulèvement du NIOSH (disponible en anglais seulement), les tables de Snook et Ciriello), en précisant les avantages et les inconvénients de chacun à titre d'information à l'intention des lieux de travail. Le sous-comité de l'OHSCO devrait envisager d'intégrer cette recommandation à sa stratégie.

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