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Alerte : Dangers associés au monoxyde de carbone provenant de l’utilisation de nettoyeurs à haute pression à essence dans des garages

  • Diffusion : 22 mai 2015
  • Dernière mise à jour : mai 2015

Avis de non-responsabilité : Cette ressource a été créée pour aider les parties des lieux de travail à comprendre certaines des obligations que leur imposent la Loi sur la santé et la sécurité au travail, et les règlements qui y sont associés. Il ne se veut pas un avis juridique et ne vise pas à remplacer la Loi sur la santé et la sécurité au travail et les règlements qui y sont associés. Pour obtenir de plus amples renseignements, voir l'avis de non-responsabilité intégral.

Contexte

Durant le printemps et l’été, les garages fermés sont souvent lavés à l’aide de nettoyeurs à haute pression à essence afin d’enlever les dépôts qui se sont accumulés au cours de mois d’hiver. En 2014, sept travailleurs ont été traités pour des intoxications au monoxyde de carbone (CO) et un est mort après avoir utilisé des nettoyeurs à haute pression à essence dans des garages souterrains mal ventilés.

Emplacements et secteurs

Les nettoyeurs à haute pression à essence sont utilisés dans plusieurs lieux de travail réglementés par la province.

Résumé du danger

Le monoxyde de carbone est souvent appelé « le tueur silencieux » parce qu’il ne donne pas d’avertissement clair à ses victimes. C’est un gaz invisible qui n’a pas de goût ni d’odeur et qui n’entraîne aucune sensation inhabituelle dans le nez, la bouche ou la gorge lorsqu’on le respire. Les premiers effets qui peuvent réellement être remarqués sont des maux de tête et un évanouissement. Un travailleur qui n’a pas de notion concernant l’intoxication au monoxyde de carbone peut ignorer ces symptômes précoces ou penser présenter les premiers symptômes d’une maladie légère. Une exposition continue peut cependant entraîner la confusion, l’évanouissement et même la mort. Il y a souvent peu de temps entre l’apparition de symptômes et l’apparition d’une incapacité de se réfugier en sécurité. L’utilisation du matériel sans incident donne parfois aux travailleurs un faux sentiment de sécurité, et des travailleurs ont été intoxiqués ultérieurement.

Les employeurs doivent s’assurer que les superviseurs et les travailleurs connaissent les dangers du monoxyde de carbone lorsqu’ils utilisent des nettoyeurs à haute pression à essence.

On recommande de surveiller le monoxyde de carbone afin de s’assurer que les travailleurs ne sont pas exposés au danger d’une intoxication au monoxyde de carbone. Le lieu de travail doit être bien ventilé afin de garantir une protection adéquate pour les travailleurs. Des ventilateurs devraient être utilisés pour assurer un apport d’air frais.

La plupart des problèmes sont reliés à un entretien inadéquat du matériel, à une ventilation inadéquate et au manque d’information fournie aux travailleurs concernant les dangers associés à l’utilisation de nettoyeurs à haute pression à essence.

Les travailleurs pouvant être affectés par le monoxyde de carbone d’un nettoyeur à haute pression à essence sont les exploitants et les autres personnes se trouvant à proximité durant et après leur utilisation. Le monoxyde de carbone peut s’accumuler rapidement dans les lieux de travail clos ou mal ventilés, ce qui accroît le risque d’intoxication au monoxyde de carbone.

Le monoxyde de carbone interfère avec la capacité des globules rouges de transporter l’oxygène. L’exposition à de fortes concentrations de ce gaz toxique (plus de 1 200 parties par million [ppm]) est considérée comme présentant un danger immédiat pour la vie ou la santé (DIVS)[1]. Les nettoyeurs à haute pression à essence peuvent émettre des concentrations de monoxyde de carbone excédant 2 pour cent ou 20 000 ppm.

Précautions suggérées

Dans la mesure du possible, des nettoyeurs à haute pression alimentés à l’électricité ou à piles devraient être utilisés à la place des nettoyeurs à haute pression à essence. Afin de prévenir les dangers d’électrocution, le matériel doit pouvoir être utilisé en toute sécurité dans des environnements mouillés.

Si des nettoyeurs à haute pression à essence sont utilisés :

  • les spécifications du fabricant pour le matériel devraient être respectées;
  • assurez-vous que le matériel est bien entretenu afin de minimiser les émissions de monoxyde de carbone d’échappement;
  • le matériel devrait être arrêté lorsqu’il n’est pas utilisé sur le lieu de travail;
  • apprenez à reconnaître les symptômes et les signes d’une surexposition au monoxyde de carbone : maux de tête, nausée, faiblesse, étourdissement, troubles visuels, changements de la personnalité et perte de conscience. Ces symptômes et signes peuvent commencer à se manifester dans les minutes qui suivent le début de l’utilisation du matériel;
  • dans la mesure du possible, faites fonctionner le nettoyeur à haute pression dans le lieu de travail à partir de l’extérieur; autrement dit, placez la pompe et l’unité d’alimentation du nettoyeur à haute pression dehors. Assurez-vous que l’unité d’alimentation est installée loin des prises d’air afin que l’échappement du moteur ne soit pas aspiré à l’intérieur où le travail est effectué ou où d’autres personnes sont présentes. Les mêmes étapes devraient être suivies si de l’air comprimé est utilisé : placez le compresseur à essence à l’extérieur et loin des prises d’air afin que l’échappement du moteur ne soit pas aspiré à l’intérieur;
  • afin d’éviter les dangers d’électrocution, envisagez d’utiliser des outils alimentés par de l’air comprimé s’ils sont disponibles et qu’ils peuvent être utilisés de manière sécuritaire dans des environnements humides;
  • des dispositifs personnels de détection du monoxyde de carbone devraient être utilisés lorsque des sources potentielles de monoxyde de carbone existent. Ces dispositifs de détection devraient être équipés d’alarmes sonores réglées à 25 ppm de monoxyde de carbone afin d’avertir les travailleurs lorsque les concentrations sont trop élevées.

Les employeurs devraient :

  • utiliser du matériel qui permet d’installer des moteurs alimentés à l’essence à l’extérieur à une distance sécuritaire de l’air qui pénètre dans le lieu de travail;
  • surveiller l’exposition des travailleurs au monoxyde de carbone afin de circonscrire l’étendue du danger sur le lieu de travail;
  • ventiler le lieu de travail afin de minimiser l’introduction d’air contaminé au monoxyde de carbone;
  • dans la mesure du possible, changer pour de l’équipement moins dangereux. Utiliser des outils électriques ou des outils dont les moteurs sont séparés de l’outil et qui peuvent être installés à l’extérieur et loin des prises d’air.

Les travailleurs devraient :

  • apprendre à reconnaître les symptômes d’avertissement d’une intoxication au monoxyde de carbone;
  • s’ils manifestent un symptôme quelconque, éteindre immédiatement le matériel et sortir dehors ou aller dans un endroit où l’air n’est pas contaminé et rapporter la situation au superviseur;
  • rester à l’écart du lieu de travail jusqu’à ce que le matériel soit désactivé et que la mesure des concentrations de monoxyde de carbone soit conforme au Règlement 883.

Exigences législatives pertinentes :

Les limites d’exposition professionnelle restreignent le degré et la durée de l’exposition du travailleur à des agents biologiques ou chimiques dangereux, dont le monoxyde de carbone. Elles sont prescrites dans le Règlement 833, Contrôle de l’exposition à des agents biologiques ou chimiques, aux termes de la Loi sur la santé et la sécurité au travail (LSST). Voici les limites d’exposition professionnelle pour le monoxyde de carbone :

  • LMPT (limite moyenne pondérée dans le temps) : 25 ppm. La LMPT est basée sur une journée de travail de huit heures, ou d’une semaine de travail de 40 heures.
  • Excursion de 30 minutes de 75 ppm.
  • Excursion plafond (C) de 125 ppm.

Aux termes des articles 3 et 4 du Règlement 833 :

3. (1) L’employeur prend toutes les mesures raisonnablement nécessaires dans les circonstances pour protéger les travailleurs contre l’exposition à un agent biologique ou chimique dangereux résultant du stockage, de la manipulation, de la transformation ou de l’utilisation de cet agent dans le lieu de travail.

3. (2) Les mesures à prendre comprennent la fourniture et l’utilisation de ce qui suit :

  • a) des contrôles techniques;
  • b) des pratiques de travail;
  • c) des pratiques et installations d’hygiène;
  • d) de l’équipement de protection individuelle, si l’article 7.2 s’applique.

4. Sans préjudice de la portée générale de l’article 3, l’employeur prend les mesures qu’exige cet article afin de limiter l’exposition des travailleurs à un agent biologique ou chimique dangereux conformément aux règles suivantes :

  • 1. Si l’agent figure au tableau de l’Ontario, l’exposition ne doit pas dépasser la LMPT, la limite d’exposition à court terme (LECT) ou la valeur C indiquée à ce tableau.
  • 2. Si l’agent ne figure pas au tableau de l’Ontario, mais qu’il figure au tableau de l’American Conference of Governmental Industrial Hygienists (ACGIH), l’exposition ne doit pas dépasser la LMPT, la LECT ou la valeur C indiquée au tableau de l’ACGIH.
  • 3. Si le tableau qui s’applique dans le cadre de la disposition 1 ou 2 indique une LMPT pour un agent, mais qu’il n’indique ni LECT ni C pour celui-ci, l’exposition ne doit pas dépasser les limites d’excursion suivantes :
    • i. Trois fois la LMPT pendant toute période de 30 minutes.
    • ii. Cinq fois la LMPT à tout moment.

Aux termes de l’article 25 de la LSST :

L’employeur :

  • prend toutes les précautions raisonnables dans les circonstances pour assurer la protection du travailleur [disposition 25 (2) h)];
  • fournit au travailleur les renseignements, les directives et la surveillance nécessaires à la protection de sa santé et de sa sécurité [disposition 25 (2) a)];
  • s’assure que le matériel, les matériaux et les dispositifs de protection qu’il fournit sont maintenus en bon état [disposition 25 (1) b)].

Aux termes de l’article 27 de la LSST :

Le superviseur :

  • veille à ce que le travailleur travaille de la façon et en utilisant les appareils de protection qu’exigent la Loi et les règlements [disposition 27 (1) a)];
  • veille à ce que le travailleur emploie ou porte le matériel et les appareils ou vêtements de protection exigés par l’employeur [alinéa 27 (1) b)];
  • informe le travailleur de l’existence de tout danger éventuel ou réel dont il a connaissance et qui menace la santé ou la sécurité du travailleur [disposition 27 (1) a)];
  • prend toutes les précautions raisonnables dans les circonstances pour assurer la protection du travailleur [disposition 25 (2) c)].

Aux termes de l’article 28 de la LSST :

Le travailleur :

  • travaille conformément aux dispositions de la Loi et des règlements [disposition 28 (1) a)];
  • emploie ou porte le matériel et les appareils ou vêtements de protection exigés par l’employeur [disposition 28 (1) b)];
  • signale à l’employeur ou au superviseur l’absence de matériel ou d’appareil de protection ou, si ceux-ci existent, les défectuosités dont il a connaissance et qui peuvent le mettre en danger ou mettre un autre travailleur en danger [disposition 28 (1) c)];
  • ne doit pas utiliser ou faire fonctionner du matériel, une machine, un appareil, un objet ou un ouvrage d’une façon qui peut le mettre en danger ou mettre un autre travailleur en danger [disposition 28 (2) b)].

Règlement 851, Établissements industriels :

  • Les établissements industriels sont adéquatement ventilés par des moyens mécaniques ou naturels de façon que l’atmosphère ne mette pas en danger la santé et la sécurité des travailleurs [article 127];
  • Tout air évacué à l’extérieur doit être remplacé [disposition 128 (1)];
  • L’air de remplacement doit être exempt de toute contamination par des poussières, vapeurs, fumées, brouillards ou gaz dangereux [disposition 128 (2) b)];
  • Les travailleurs qui risquent d’être exposés à un agent biologique, chimique ou physique pouvant mettre leur santé ou leur sécurité en danger reçoivent une formation dans ce qui suit :
    • a) les précautions et les procédures à prendre lors de la manipulation, de l’utilisation et du remisage de l’agent;
    • b) l’utilisation et l’entretien convenables de l’équipement de protection individuelle requis;
    • c) la bonne application des mesures d’urgence [article 130].

Les modifications apportées en 2014 au Code de prévention des incendies exigeant des détecteurs de monoxyde de carbone dans certains endroits sont mises en œuvre par les services d’incendie locaux sous l’autorité de la Loi de 1997 sur la prévention et la protection contre l’incendie.

Ressources

The Technical Standards and Safety Authority (en anglais seulement)
www.tssa.org

Safety Advisory - Carbon Monoxide: Beware the Silent Killer PDF [31.45 Ko / 1 page] (en anglais seulement)

Carbon Monoxide Poisoning – What You Should Know PDF [32.17 Ko / 1 page] (en anglais seulement)

Pour plus d’information

Workplace Safety and Prevention Services
(en anglais seulement) www.wsps.ca

Lois-en-ligne de Ontario.ca
www.ontario.ca/lois

Vous pouvez aussi communiquer avec l’InfoCentre de santé et de sécurité au travail du ministère du Travail au 1 877 202-0008

[1] Le National Institute of Occupational Safety and Health (NIOSH) des États-Unis a établi qu’une concentration de 1 200 ppm constitue la valeur de danger immédiat pour la vie ou la santé (DIVS). La valeur de DIVS est fixée pour donner à un travailleur la possibilité d’évacuer sans perdre la vie ou subir d’effets sur la santé immédiats ou à retardement. On considère que 30 minutes représente la période de temps maximal pour évacuer et pour prévenir une irritation grave des yeux ou respiratoire ou d’autres réactions qui pourraient empêcher l’évacuation.

Rappel : Vous devez vous conformer aux lois en matière de santé et de sécurité au travail ainsi qu’aux lois applicables sur l’environnement.

Veuillez photocopier et distribuer les bulletins Alerte du ministère du Travail en grand nombre et les afficher dans des endroits bien en vue.

ISSN 1198-8770

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