Les femmes représentent près de la moitié de la population active de l’Ontario, mais elles gagnent en moyenne moins que les hommes, malgré des niveaux de scolarité et une participation au marché du travail élevés. L’existence d’un écart salarial entre les sexes montre que des obstacles continuent d’empêcher les femmes d’atteindre leur plein potentiel sur le plan économique.

Il y a de bonnes raisons de régler ce problème. De nombreux pays, y compris les plus proches concurrents et partenaires commerciaux de l’Ontario, examinent des façons d’éliminer l’écart salarial entre les sexes. L’élimination de l’écart salarial accroîtrait la sécurité économique des femmes et de leur famille, créerait des possibilités pour la population ontarienne et améliorerait la vie des enfants. Elle permettrait également de diminuer les risques pour les femmes de vivre dans la pauvreté au cours de leur vie professionnelle et de leur retraite.

Les entreprises de l’Ontario pourraient aussi bénéficier de l’élimination de l’écart salarial. Dans un rapport de 2005 de la Banque Royale du Canada, on estimait que si les femmes au Canada avaient les mêmes possibilités que les hommes sur le marché du travail, leurs revenus personnels augmenteraient de 168 milliards de dollars annuellement. Beaucoup de femmes qui obtiendront un diplôme d’études postsecondaires, ou qui retourneront sur le marché du travail, posséderont les compétences et les capacités nécessaires pour pourvoir les postes vacants prévus en raison d’une pénurie de main-d’oeuvre qualifiée. Nous devons utiliser toute la main-d’oeuvre disponible (celle des hommes et celle des femmes) pour assurer la stabilité économique future de l’Ontario.

Des recherches révèlent que les employeurs qui souscrivent au principe de l’égalité des chances attirent plus d’employés talentueux dont le moral est meilleur et qui sont davantage motivés, ce qui augmente la productivité. Veiller à ce que les femmes puissent participer pleinement à la population active et utiliser leur formation et leurs compétences devrait mener à des taux de productivité supérieurs pour la province, et par le fait même à la hausse de son potentiel de croissance économique.

Contexte : L’écart salarial entre les sexes

L’écart salarial entre les sexes est la différence entre les salaires des hommes et ceux des femmes. Cet écart est souvent exprimé sous forme de pourcentage. Plus le pourcentage est petit, plus les salaires sont équitables pour les femmes.

Il y a de nombreuses façons de mesurer l’écart salarial entre les sexes. En voici quelques-unes courantes :

  • salaire horaire (moyen ou médian) – tous les travailleurs;
  • salaire annuel (moyen ou médian) – travailleurs à plein temps, toute l’année;
  • salaire annuel (moyen ou médian) – tous les travailleurs.

Toutes ces mesures montrent que, en moyenne, les femmes gagnent moins que les hommes. Les données les plus récentes de Statistique Canada indiquent que l’écart salarial entre les sexes en Ontario allait de 12 % (salaire horaire moyen – tous les travailleurs) à 31,5 % (salaire annuel moyen – tous les travailleurs) en 2011. (Pour connaître le profil statistique et les tendances en matière d’écart salarial entre les sexes, consultez l’annexe.)

L’écart salarial entre les sexes tend à s’accroître pendant la vie professionnelle des femmes, dans presque toutes les industries et tous les secteurs. Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à exercer des emplois à salaire minimum et à s’absenter du travail, voire à quitter le marché du travail complètement, pour la prestation de soins, ce qui contribue à l’écart en général. Cette situation a une incidence sur les familles, que les deux parents travaillent ou qu’un seul parent soit responsable du ménage. Les familles peuvent disposer de moins d’argent pour offrir un niveau de vie raisonnable à leurs enfants : manque de ressources pour le logement, la nourriture et les soins, pour l’achat d’ordinateurs ou des technologies requises au développement des habiletés ou encore pour le financement des activités parascolaires des enfants.

À la retraite, la sécurité financière des femmes est plus précaire que celle des hommes. Elles sont donc plus à risque de vivre dans la pauvreté.

Certaines femmes, comme les femmes autochtones, les femmes handicapées ou les femmes immigrantes, font face à encore plus de difficultés sur le lieu de travail. L’écart salarial entre les sexes est plus grand pour ces femmes.

Selon des chercheurs, de nombreux facteurs influent sur l’écart salarial entre les sexes, notamment l’âge et l’état civil, la scolarité, l’ancienneté, la syndicalisation, les heures de travail, la ségrégation professionnelle et les pratiques commerciales dans lesquelles sont ancrés des stéréotypes sur les femmes et le travail.

Peu importe la façon dont il est mesuré, l’écart salarial entre les sexes témoigne d’un plus grand problème sous-jacent d’inégalité dans le marché du travail et la population active.

Mesures actuelles

Depuis de nombreuses années, le gouvernement de l’Ontario reconnaît que l’écart salarial entre les sexes doit être comblé. Il existe bon nombre d’initiatives et de programmes qui aident à surmonter certains des obstacles avec lesquels les femmes sont aux prises au travail, dont l’augmentation du nombre de places dans les garderies, l’offre du programme de jardin d’enfants et les modifications apportées aux programmes scolaires pour que les élèves reçoivent de l’enseignement sur les écarts salariaux entre les sexes. Pour s’attaquer à la discrimination, le gouvernement ontarien dispose de trois lois clés qui sont pertinentes à l’écart salarial entre les sexes. Chacune est assortie d’exigences d’admissibilité et de délais prescrits différents. Ces lois ont des objectifs différents, mais toutes les trois se rapportent au lieu de travail.

Loi sur l’équité salariale

L’équité salariale est couramment formulée comme « un salaire égal pour un travail de même valeur ». L’équité salariale reconnaît que, historiquement, les femmes et les hommes ont eu tendance à effectuer des types de tâches différents et que le travail traditionnellement effectué par des femmes a été sous-évalué et sous-payé.

La Loi sur l’équité salariale a pour objet d’éliminer la discrimination systémique fondée sur le sexe en ce qui concerne la rétribution du travail effectué dans les catégories d’emplois à prédominance féminine. Elle exige que tous les employeurs du secteur public et tous les employeurs du secteur privé ayant 10 employés et plus repèrent et éliminent toute discrimination fondée sur le sexe dans leurs pratiques de rémunération. Ils doivent ajuster les salaires de leurs employés qui occupent des catégories d’emplois à prédominance féminine pour qu’ils soient au moins égaux à ceux des employés des catégories d’emplois à prédominance masculine jugés de valeur comparable selon l’habileté, l’effort, la responsabilité et les conditions de travail.

Loi de 2000 sur les normes d’emploi

La Loi de 2000 sur les normes d’emploi de l’Ontario établit des droits et des responsabilités qui s’appliquent aux travailleurs et travailleuses et aux employeurs de la plupart des lieux de travail en Ontario.

La disposition prévoyant « À travail égal, salaire égal » de la Loi de 2000 sur les normes d’emploi garantit un salaire égal aux hommes et aux femmes qui exécutent dans le même établissement un travail essentiellement semblable qui exige un effort et des compétences essentiellement semblables et comprend des responsabilités essentiellement semblables, dans des conditions de travail comparables.

Code des droits de la personne de l’Ontario

Le Code des droits de la personne de l’Ontario interdit les actions qui constituent de la discrimination contre des personnes en fonction de l’un des motifs les protégeant dans un secteur social protégé.

Ces motifs comprennent notamment l’état familial, l’état matrimonial, l’identité sexuelle, l’expression de l’identité sexuelle, le sexe (y compris la grossesse et l’allaitement), l’orientation sexuelle, un handicap, la race, l’origine, la citoyenneté et l’âge. Les secteurs sociaux protégés comprennent les contrats et l’emploi.

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