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Les Directives concernant la santé et la sécurité au travail à l'intention des opérations agricoles en Ontario visent à souligner les dangers particuliers, parfois uniques et inhabituels, inhérents aux exploitations agricoles. Elles ont été élaborées conjointement par des représentants du milieu agricole, de la Farm Safety Association [en anglais seulement], du ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales et du ministère du Travail.
Les directives entendent aider les employeurs, superviseurs et travailleurs des exploitations agricoles à reconnaître les dangers et à déterminer la meilleure façon de respecter leurs obligations en vertu de la Loi sur la santé et la sécurité au travail (LSST) et des règlements d'application. Les directives renferment des renseignements généraux destinés à aider les personnes présentes au lieu de travail à repérer des dangers particuliers et des situations dangereuses. Elles suggèrent également diverses mesures à envisager pour protéger la santé et la sécurité des travailleurs et prévenir les blessures.
À noter que les directives ne remplacent pas les lois en vigueur. Les employeurs, superviseurs et travailleurs des exploitations agricoles ont des responsabilités et devoirs en vertu de la Loi sur la santé et la sécurité au travail et les quatre règlements d'application suivants : Opérations agricoles; Blessure critique--Définition; Training Programs; et Training Requirements for Certain Skill Sets and Trades. Ils doivent obéir aux exigences de la LSST et de ces quatre règlements.
Les employeurs sont légalement tenus de prendre toutes les précautions raisonnables dans les circonstances pour assurer la protection des travailleurs; pour leur part, les superviseurs et travailleurs doivent prendre les mesures appropriées pour repérer et éliminer tous les dangers au lieu de travail. Les directives constituent un point de départ pour les parties du lieu de travail; elles les aideront à déterminer la meilleure façon de respecter leurs obligations en vertu de la LSST. Toutefois, la conformité aux recommandations présentées dans les présentes directives ne dégage pas les parties du lieu de travail de l'obligation de respecter la LSST.
La présente est la première édition des directives. Celles-ci seront révisées et actualisées, au besoin, et élargies pour tenir compte des nouvelles technologies et méthodes de production.
Une exploitation agricole contient un grand nombre d'espaces exigus potentiellement dangereux. Mentionnons, à titre d'exemple, les silos, les compartiments à grains, les fosses à fumier et les épandeurs de fumier, les réservoirs de malaxage ou de retenue, les citernes, les fosses à valves et les stations de pompage. Les agriculteurs et les travailleurs qui pénètrent dans un espace exigu, et ceux qui tentent un sauvetage en cas d'urgence, peuvent rapidement succomber à une atmosphère dangereuse menant à des blessures ou à la mort. Par exemple, un manque d'oxygène durant quelques secondes peut entraver le fonctionnement des cellules du cerveau. La confusion et le manque de jugement qui s'ensuivent peuvent empêcher un travailleur de quitter l'espace.
La présente section aborde les sujets suivants :
Les quatre principaux gaz produits par la décomposition du fumier sont : l'hydrogène sulfuré, le méthane, l'ammoniaque et le dioxyde de carbone. En concentration élevée, chacun de ces gaz pose une menace immédiate à la vie ou à la santé de l'humain et du bétail.
Dans les refuges pour animaux, où la fosse à fumier est souvent située sous le plancher, on constate souvent une faible concentration de gaz de fumier. Lorsque les fosses sont agitées à des fins de pompage, une partie ou la totalité de ces gaz est dégagée et peut atteindre des niveaux toxiques ou supplanter l'oxygène, accroissant ainsi le risque à l'humain et au bétail.
Les principaux dangers associés à ces gaz sont : les réactions toxiques ou l'empoisonnement chez les personnes et les animaux, le manque d'oxygène menant à l'asphyxie et les explosions pouvant survenir lorsque l'oxygène se mêle aux gaz comme le méthane.
L'hydrogène sulfuré est considéré comme étant le sous-produit de la composition du fumier le plus dangereux. Il a une odeur particulière d'ouf couvi.
En faible concentration, l'hydrogène sulfuré irrite les yeux et les voies respiratoires et, en concentration modérée, il cause la céphalée, la nausée et des étourdissements. En concentration élevée, l'hydrogène sulfuré paralyse les cellules nerveuses du nez au point de devenir imperceptible.
L'hydrogène sulfuré est plus lourd que l'air et tend à se déposer au niveau inférieur d'une installation d'emmagasinage. Il peut rester une concentration élevée du gaz même après la ventilation.
L'ammoniaque a une odeur distincte, forte, pénétrante détectable même à faible concentration. Il est plus lourd que l'air et, en concentration modérée, il peut irriter les yeux et les voies respiratoires. En concentration élevée, il peut causer une ulcération des yeux et une irritation grave des voies respiratoires.
Le dioxyde de carbone est un sous-produit de la décomposition du fumier et de la respiration du bétail. Il est plus lourd que l'air et difficile à détecter. Il remplace l'oxygène dans l'air et peut agir en tant qu'asphyxiant. En concentration modérée, il cause de l'essoufflement et des étourdissements.
Le dioxyde de carbone est un facteur contributif majeur des décès d'animaux logés dans des bâtiments mal ventilés.
Le méthane est inodore et plus léger que l'air, par conséquent il a tendance à s'accumuler sur le dessus des fosses à fumier recouvertes. Il est considéré comme un asphyxiant à des concentrations extrêmement élevées. Le méthane est un gaz dangereux parce qu'il est inflammable et explosif. Il est extrêmement difficile à détecter sans instruments de détection de gaz, mais on doit s'attendre à ce qu'il soit présent dans toutes les aires d'emmagasinage du fumier.
Les gaz de silo proviennent de la fermentation naturelle des produits d'ensilage broyés.
Divers gaz sont dégagés durant ce processus, mais le genre de silo servant à l'emmagasinage du fourrage détermine en grande partie quel gaz prédominera. Par exemple, dans les silos hermétiques, le dioxyde d'azote et le dioxyde de carbone sont créés, mais ce dernier est produit en plus grande quantité, ce qui est désirable, parce que les niveaux élevés de dioxyde de carbone contribuent à la production de produits d'ensilage de qualité.
En même temps, ce gaz inodore et sans couleur est dangereux. En effet, il remplace l'oxygène du silo et, en concentration élevée, il empêche la personne de se rendre compte qu'elle est sur le point de succomber. À cause de ce danger, les silos hermétiques sont conçus de sorte qu'il n'est pas nécessaire d'y pénétrer.
Divers gaz se forment dans les silos conventionnels ou à dessus ouvert, mais le dioxyde d'azote est le plus abondant. Ce gaz hautement toxique est caractérisé par une odeur forte semblable à celle des agents de blanchiment et par des vapeurs basses de couleur jaune, rouge ou brun foncé.
Contrairement au dioxyde de carbone, le dioxyde d'azote atteint un niveau maximum environ trois jours après la récolte puis il commence rapidement à diminuer, particulièrement si le silo est ventilé. Deux semaines plus tard, il est peu probable que le gaz continue à se produire, bien qu'un certain danger persiste si le gaz n'a pu s'échapper du silo.
Le dioxyde d'azote est nuisible parce qu'il cause une irritation grave du nez et de la gorge et peut entraîner une inflammation des poumons. Par ailleurs, il est particulièrement dangereux parce que l'exposition de faible intensité cause très peu de douleur ou d'inconfort alors que le décès peut survenir immédiatement.
Un exploitant agricole peut respirer le gaz sans constater d'effets nocifs graves et mourir dans son sommeil quelques heures plus tard à cause de l'accumulation de liquide dans ses poumons.
En outre, de nombreuses victimes ont une rechute et présentent des symptômes semblables à ceux d'une pneumonie entre deux et six semaines après l'exposition initiale. Pour ces raisons, toute personne exposée à ce gaz, même pour une brève période, doit consulter immédiatement un médecin.
À l'instar du dioxyde de carbone, le dioxyde d'azote est plus lourd que l'air. À mesure qu'il est produit, il tend à s'accumuler au-dessus des produits d'ensilage et à se répandre dans la chute du silo et dans les salles d'alimentation adjacentes ou autres aires basses à proximité de la base du silo.
Le gaz peut même pénétrer dans l'étable et devenir emprisonné dans les coins, sous les chariots à aliments ou se déposer sur le plancher. Il pose donc une menace grave au bétail.
Pour un complément d'information sur les effets pour la santé des gaz de fumier et de silo, consulter le site Web du Centre canadien d'hygiène et de sécurité au travail (CCHST) à l'adresse www.ccohs.ca.